24 octobre 2007
La leçon du jour...
Une nouvelle journée d'apprentissage en service d'urologie. Une nouvelle leçon tirée du travail en service. Alors, voilà le fruit de ma leçon du jour. Une jeune infirmière, me hèle dans une chambre alors que je suis en train de refaire un lit avec Sophie, une autre étudiante en soins infirmiers.
- "Eh Tof, j'suis débordée, tu veux pas m'aider j'vais jamais m'en sortir... Tu veux pas aller piquer le bilan de Monsieur S à la chambre 48, il part au bloc à 11 heures et le bilan n'a pas été fait..."
Il est 10 heures alors que fait un étudiant infirmier devant une infirmière qui demande de l'aide ??!... Il y va ! Enfin j'ai qd même fini le lit avec Sophie et j'y suis allé.
- "Je t'ai TOUT préparé sur un plateau : tubes, aiguilles, vacutenair, compresses... tu n'a plus que les gants à prendre et le contenair à aiguilles."
J'allais quitter la salle de soin, qd elle rajoute
"Je te prépare les étiquettes."
J'arrive dans la chambre du patient, super il n'est pas difficile à piquer, il est en plus aphasique donc il ne peut même pas se plaindre si je lui fais mal... enfin, y peut pas se plaindre, mais il peut toujours m'en coller une... je pose le garrot, je sens bien la veine, je dépose le garrot, j'assemble mon matériel, je m'installe confortablement, mon patient est bien en sécurité sur le dos dans son lit, un coup de clinogel sur mes pattes de devant toutes irritées par le froid extérieur et les nombreux lavages de mains, je frotte bien partout, j'm'en colle même sous les ongles courts et propres (!!), j'ouvre mon paquet de compresses, je le "mouille" de biseptine, je désinfecte la peau du patient au niveau du pli du coude en faisant un escargot, je m'applique, je remets mon garrots et là... merde j'avais déjà pas de set de protection (le petit carré bleu plastifié dessous, qu'on utilise au cas où la boucherie serait à l'ordre du jour...). Qu'à cela ne tienne après tout l'alèse centrale vient d'être changée mais je travaille normalement plutôt proprement, alors pas grave que je me dis... on va y aller, je retouche un coup la veine, bien belle, turgescente, rebiseptine, gants et on y va. 1 tube mauve, 2ème tube mauve, 1 tube jaune, 2ème tube jaune, 1 tube rouge, 2ème tube rouge et je dis à Monsieur S. : "ca y est, c'est presque terminé..." je desserre mon garrot, je plie ma compresse que j'appose juste au dessus de l'aiguille et je dépique, tout s'est bien passé, Monsieur S. m'aide même en effectuant lui même la compression sur le morceau de gaze sec. Là, ca va toujours bien, sauf que sur le plateau tout prêt que m'a donné l'infirmière en mal d'aide... y'a pas de pansement. Bon je mettrais du sparadrap, sur la compresse... toujours pas grave j'en ai dans la poche... je prends les étiquettes que j'ai embarquées dans le dossier du patient histoire de ne pas mélanger les tubes et je demande au patient aphasique : "vous êtes bien Monsieur S, il confirme d'un signe de tête, vous vous prénommez bien Charles-Henri (par exemple... n'oublions pas la confidentialité)..., reconfirmation, et vous êtes né le ??/12/?? (?? ché plus j'ai aucune mémoire des chiffres... mais je me souviens qd même que c'était près de noël... donc en décembre...). Et tout va bien, tout le monde est content et moi aussi... J'arrive en salle de soin, là, sur la paillasse (pas un lit, je parle du plan de travail...) m'attend une planche d'étiquettes. Je m'approche, jette un œil, S. Charles-Henri, date de naissance et toute une palanquée de chiffres, codes, abréviations et en haut à droite des étiquettes trois lettres qui indiquent la couleur du tube à prélever... c'est à ce moment précis que mes trois neurones en fonction virent au rouge....Putain j'ai prélevé 6 tubes et y'a que trois étiquettes ! Pire encore, dans la panique, sur mes trois neurones, un décède, un autre perd connaissance, le dernier, hyper tendu tente de faire le point.... A ca fuse il fait des aller retour dans une petite case... Tout à coup mon dernier neurone en usage capte une nouvelle information : en haut à droite : couleur tube... Il compile les informations : BRI, BLE, PIS... en clair pour les non initiés : ROUGE, BLEU, VERT, il tournoie, virevolte, et s'arrête net prêt à calancher : Rouge, j'ai piqué deux tubes rouges, Bleu SIRENE D'ALARME (comme dans les films d'action, dans un sous marin quand une attaque est sur le point d'avoir lieu ou qu'il y a eu une avarie, ca gueule, ca clignote....) J AI PAS DE TUBE BLEU, haussement du volume de l'alarme sous marinesque : Vert... J AI PAS DE TUBE VERT.... "Valérie ???!!" C'est l'infirmière à la bourre qui avait besoin d'aide y'a 10 minutes... "Valérieeeeeeeeeeeeeeee...... les étiquettes, elles ne correspondent pas aux tubes que j'ai piqués...." et là, un peloton d'exécution se met en place...
mon neurone à les mains liées dans le dos, 6 tireurs d'élite en face, 6 tireurs d'élite à face de Valérie, sourient pendant qu'un septième toujours à face de Valérie leur dit : FEU... ! "Quoi ?! T'as pas vérifié les tubes avant de partir...." et les six balles des six tireurs d'élite à face de Valérie explosent en atteignant simultanément le cœur tachycarde de mon neurone par un même point d'entrée ! Ben non.... La queue entre le jambe (notez qu'en urologie, chez les sujets males, c'est bien là qu'on la trouve... désolé pour ma trivialité...) mes trois neurones hors d'état de tout...
Ben voilà la leçon. Autant j'aurais vérifié la prescription si j'avais du injecter, là j'ai mal fait mon travail, quoi que même si j'avais vérifié, j'n'aurais rien vu, puisque sans les étiquettes on ne peut pas connaitre la couleur et le nombre de tubes (sauf peut être quand on est pro depuis des lustres... ou qu'on codifie régulièrement des prélèvements), j'ai bêtement fait confiance à une future collègue diplômée, elle. Je retiens donc à jamais ceci : "il ne faut jamais faire confiance à personne en service (je sais même ailleurs, faut pas suivre quelqu'un même s'il vous offre des bonbons...), même dans l'urgence, puisque c'est la responsabilité de celui qui fait qui est engagée... Notez que l'avantage dans l'histoire, c'est que je n'ai pas mis le patient en réel danger. Il était plutôt bien portant, facile à piquer, et pas anémié. Ca aurait pu être un papy à l'article de la mort, anémié, aux veines collabées que j'aurais charcuté sans set de protection, sans masque à visière, que j'aurai pu faire souffrir, simplement parce que j'aurais mal fait mon boulot.
LA CONFIANCE D'ACCORD,
MAIS C'EST QUAND MEME CE QUI FAIT LES COCUS...
Jovette-Alice Bernier (Romancière Québequoise 1900-1981)
21 octobre 2007
Devinette
Voilà ma troisième semaine de stage vient de se terminer...
La découverte du milieu hospitalier me confirme que j'y passerai le moins de temps possible.
Qui a-t'il de plus con qu'un cadre infirmier formaté, expert en langue de bois et mauvaise foi ??? Je vous le demande....
Moi je dirais....
UNE INFIRMIERE AIGRIE ! Mais bon sang quelles couilles molles ces bonnes femmes qui plutot que d'essayer de faire autre chose, se complaisent à continuer à faire un boulot qui ne leur plait plus, ne leur apporte plus de satisfaction.... MAIS font chier le monde ! Rien ne m'agace autant que la paresse à des fins de minimisation du risque et en plus la suffisance.
Les paresseux ont toujours envie de faire quelque chose...
Vauvenargue (moraliste francais / 1715-1747)
01 octobre 2007
Lundi... c'est urologie !
Ben voilà, ca fait déjà trois semaines et j'ai pas vu le temps passer.
Alors, cette année on commence les choses sérieuses... au cas ouske je deviendrais infirmier un jour, j'ai la chance de faire un stage en service de Chir Uro.
Chir uro, mais qu'est ce que c'est ?! Ben c'est essentiellement là où attérissent les messieurs de plus de 70 ans qui ont un problème de prostate. Je dis essentiellement parce qu'il y a des variantes... la petite dame du 44, 19 ans enceinte de 6 semaines qui fait une crise de coliques néphrétiques, ou encore le monsieur de la 42 qui n'a plus toute sa tête... qui oublie régulièrement de faire pipi... et qui finit par attraper une infection urinaire.
Alors on est lundi, et aujourd'hui, la journée commence à 12:00.
Arrivée dans le service, présentation des locaux par la Cadre et allez les gars c'est parti, vous prenez en charge toi Tof le secteur 1 et toi S. le secteur 2.
Les infirmières arrivent à 12:45 pour la relève. La mienne, une blonde qu'on dirait droite sortie du magazine ELLE (enfin et sans vouloir la froisser, un numéro spécial de ELLE, spécial post puberté....), enfin bref, belle femme, qui a priori n'a pas l'air ravie de se retrouver avec un stagiaire dans les pattes le jour de sa reprise après 15 jours de vacances. Et c'est parti ! On passe chambre 40, je suis l'ombre de l'infirmière, parfois elle m'autorise à être sa 3ème main quand il faut aller jusqu'au sac poubelle déchets hospitaliers... et on va jusqu'à la chambre 50 comme ca, sans trop parler. J'observe attentivement ses gestes, je veille au confort et à la sécurité du patient et ca à l'air de lui plaire à l'infirmière.
Retour en salle de soin. Elle se pose près d'une paillasse et m'interroge sur mes expériences hospitalières... Là, elle prends une chaise qd elle fait le point sur l'étendue de mes lacunes. Presque la tête dans les mains, les doigts dans les cheveux, des touffes blondes arrachées à ses cheveux tirés jonchent le sol.
Une aide soignante rentre interrompre le désespoire de l'infirmière blonde initialement bien coiffée... "M. C à la 43 ne va pas !". Branle bas de combat, on court jusqu'à la chambre... ah ben pour pas aller bien, y va pas bien le Monsieur... il a commencé par gerber partout, la poche c'est remplie d'urines sanglantes (après une resection de prostate, il parait que c'est normal), et là, sous nos yeux, il s'étouffe. Sa langue sort de la bouche gonflée, ses lèvres se cyanoses et c'est parti, il va pas bien du tout !... Bref, l'infirmière blonde commence à lui gueuler des ordres simples auxquels le pauvre Monsieur ne répond pas. Claques, secouages, extraction de langue... et hop là elle me demande d'appeler le SAMU et quitte la chambre en courant... Malheur ! J'empoigne le téléphone, et grand bien à pris à je ne sais plus quelle formatrice de nous sensibiliser à ca... j'ai noté le numéro d'urgence du service après le tour de présentation de la cadre. Y répondent pas vite au samu. Je coince le téléphone sur mon épaule, je bascule la tête du Monsieur vers l'arrière, lui ouvre la bouche, il est toujours un peu violacé et ... et le chir arrive précédé de l'infirmière blonde ! Magie ! A l'arrivée du chir M. C se remet à vomir... un quatrième haricot ! Alléluia, il faisait juste une réaction à l'anesthésie... Le chir prend les choses en main, nous, ne fait que suivre les consignes... Gaz du sang, uroculture, prélèvements sanguins, SA O², TA, temp... Au final, il n'a rien !
Après ce début d'après midi un peu vif, l'infirmière blonde et moi faisons un marché, un pacte. Elle me laisse faire selon la planif sur son secteur, elle s'occupe de la paperasse, en contre partie, je fais et AU MOINDRE DOUTE je vais la voir. L'apres midi se passe comme sur des roulettes !
En fin d'am, l'infirmière blonde un peu décoiffée mais tjrs super bien maquillée et sentant bon me dit qu'elle est contente d'avoir bossé en bonne intelligence et que j'ai déjà fait plein de choses. Elle m'en montrera plus le lendemain.
N'oubliez pas que demain n'est jamais une certitude mais juste une ambition.
Proverbe Quebecois
10 septembre 2007
Jour de rentrée...
Ah la vache ! Ca fait un bout de temps que je ne suis pas venu ici. Nan, j'avais pas mieux à faire, en fait, j'ai hiberné avant l'heure...
D'abord y'a eu mon stage à domicile : j'étais ailleurs, sur un nuage, transporté que le quotidien puisse être si différent de ce que j'avais vécu depuis près de deux ans, que j'avoue, egoistement j'ai eu peine à partager. En plus Didier pouvait me lire, j'allais pas vous raconter... Nan, j'aurais dû écrire, juste pour ne pas oublier, quand les temps seront durs prochainement... je pars en stage dans trois semaines !
Après y'a eu les vacances ! Bon sang ske c'était bon ! D'accord, les conditions climatiques n'étaient pas géniales, mais y'avait l'atlantique, le vent, des fois du soleil et surtout, une sensation de liberté intense.
Ensuite j'ai fait un tour par l'hopital. Je me suis retrouvé dans un lit cette fois. Et j'ai meme pas vu de méchantes infirmières, j'dormais.
Et voilà aujourd'hui c'était la rentrée. Pour l'heure j'ai décidé de ne pas ou plus exactement d'avoir une attitude positive. Faut dire que ca a été rapide. Nos wonderwoman de cadres n'étaient a priori pas prête. Elles ont baclé et nous ont filé un boulot à la maison cet aprem, j'ai donc fait une giga sieste.
En ces temps de rentré et au sujet de la vie au travail, cette image m'a bcp plu :
Voilà pour aujourd'hui, le temps de retrouver mon ton acerbe et je reviens.
A bientot...
16 juillet 2007
Edie and Mike... glupsss !
Bon ben voilà, mon stage chez les oufs est terminé, et je suis sur un nouveau terrain de stage : le domicile.
Ah alors pour sur, ca n'a rien à voir avec l'hopital ! Finis les gants pour toucher, finis les lavages de main à tout va, bonjour la prise en charge holistique du patient ! Enfin, je semble toucher du doigt ce que je rêve de faire.
La journée type, c'est une cavalcade à travers la ville, à entrer directement dans l'univers des personnes dont on doit prendre en charge un moment particulier : glycémie, insuline, pansement, injections (sous cut, iv ou im), dispensation de médocs, toilette et habillage pour une autre prise en charge à venir (genre un monsieur qui passe ses journées en hopital de jour, qu'on lève, qu'on lave, qu'on habille, dont on prépare le petit déj et qu'on laisse attendre l'auxiliaire de vie qui l'emmènera à l'hopital de jour un peu plus tard).
C'est clair qu'on y passe du temps, bien plus dans la voiture qu'au pied du lit du malade, d'autant que pour la plupart d'entre eux, ils ne sont pas au lit, ce sont des gens debout (rien à voir avec une certaine femme DEBOUT...) qu'on va aider à aborder un moment particulier de la journée, et qui sans cette intervention, parfois mineure, de quelqu'un a domicile seraient hospitalisés, arrachés à leur vie et placés dans Dieu sait quelle institution.
http://www.yanous.com/tribus/moteur/moteur060915.html
Bon ca ne fait que commencer, je vais voir sur 4 semaines ce que je serai capable d'en faire, mais en tout cas, j'aborde enfin la dimension humaine du métier. La technique est relayée au second plan. Ici pas de respi, pas de protocoles, ici, c'est la vie et l'aide qu'on y apporte soit pour qu'elle soit, soit confortable, soit se prolonge au mieux ou encore pour qu'elle soit tout bêtement possible.
«La civilisation technique a un tort énorme :
elle n'a pas encore supprimé la mort.»
Jacques Ellul (sociologue, théologien français) 1912-1994
14 juillet 2007
Mes nuits sont plus belles que vos jours ????
Ca y est, nous sommes X jours plus tard, et je pense que je suis remis de mes trois nuits de veille.
Trois nuits de veille à l'hopital dans un service de psychiatrie réglée, c'est comment ? Ben déjà c'est vraiment différent des jours dans le même service avec les mêmes patients. Certains se disent déjà : le pauvre garçon.. au même endroit avec les mêmes gens il voit les choses différemment... pfffffffff ou arfffffff ! Ben oui, j'en doutais mais après 21:00 l'hopital c'est vraiment différent... enfin en psychiatrie, j'ai pas encore testé d'autres services...
Comment ca se passe :
20:30 transmissions
20:55 préparation des 5 thermos de tisanes
21:00 préparation médocs
21:45 début du tour médocs
22:50 fin du tour médocs
23:00 préparation des médocs du lendemain
00:30 café + collation pour ceux kienveule (coté soignants...)
01:00 premier tour de sommeil de la nuit
=>03:00 => réponse aux sollicitations
03:00 deuxième tour de sommeil de la nuit
=>05:00 => réponse aux sollicitations + lecture / rangements / décontamination / prépa matos...
05:00 troisième et dernier tour de sommeil de la nuit
05:25 renseignement des dossiers patient sur les tours de sommeil
05:45 attente impatiente de la relève... on est là depuis bientot 10 heures qd même
«Nuit : temps qu'on peut également consacrer au sommeil.»
Pierre Véron (écrivain et poéte Français) 1831-1900
06 juillet 2007
Vendredi ... toxiques urinaires...
Dernier "matin" pour ce stage. Réveil 5:10. Sortie vestiaire 6:07. J'arrive en salle de soins : PERSONNE !!!
Vendredi 6 juillet 2007, c'est la dernière fois que je sors du lit si tôt pour aller dans ce service... Parce que à partir de maintenant, je vais faire l'inverse, sortir du service si tôt pour aller dans mon lit. A compter de lundi 20:30, ma vie va prendre un nouveau virage : je vais travailler pour la toute première fois : de nuit.
Bon, j'ai fait mon premier forcing pour un prelevement d'urine en vue de recherche de toxiques chez une dame de 50 ans ! Bon sang, recherche coc, ectasy, amphèt, subutex chez une quinqua... ca m'a fait tout drole... mais ca n'était rien par rapport à ce qui m'attendait en salle de soins qq heures plus tard.
Pétasse (son prénom commence également par un "P", mais je touve que ce petit diminutif lui va comme une mouffle !) me siffle (elle sait bien faire elle, a un rotweiller (entendu à l'office pdt le petit déj)). "Dis moi, tu as fait la toilette de Monsieur C. ce matin, et tu n'as pas posé de cible dans son dossier soin..." Ben non j'ai pas posé de cible, j'ai juste émargé dans diagramme de soin à l'item : Autre (à préciser dans les cibles) rayé de ma papatte droite Toilette de mes initiales à la date du jour. "Alors voilà, ce que tu as fait n'est pas bien, tu n'as pas compris" et après j'ai zappé, elle me disait j'en suis certain : je suis bcp plus intelligente que toi..., regarde moi j'ai les yeux bruns mais avec mon bandeau sur le front retenant mes cheveux gras en arrière, je suis presque aussi belle que Marylin... récite moi la liste des médicaments du service...., leurs effets attendus...., les principaux effets secondaires et les anti dotes..., la marque du laboratoire..., l'année de délivrance de l'AMM et le prénom de la belle mère du fils du PDG des laboratoires ROC...
Après quoi, je pose ma putain de cible : Déficit en soins personnels : se laver / effectuer ses soins d'hygiène / se vêtir /s'alimenter et s'hydrater... là encore Pétasse n'est pas satisfaite ! C'est trop synthétique... elle n'a pas compris ce que j'ai écrit. Bref, je lui ai pris la feuille des mains, je lui ai lue et là, les choses sont devenues claires pour elle. Ah, ben j'avais pas vu ca comme ca, oui c'est sans doute parce que tu as déjà donné le résultat que ca m'a paru étrange... Forcément que j'ai mis le résultat. Stimulation, aide au lavage du dos et des pieds, application de cold cream dans le dos, stimulation à la boisson... ben tout ca ca n'a pas un effet 48 heures plus tard, le dos, c'est bien ce matin à 9:31 que je lui ai lavé, pas demain ou après demain ! Après quoi, on n'allait pas resté sur un terrain d'entente... alors on passe au reproche... c'est la dernière fois qu'on se voit (tant mieux !) elle ne va qd meme pas faire en sorte que je l'oublie...
Si ca peut t'aider pour ton futur : hier tu m'as choqué qd on est entré dans la chambre de Madame W. Tu as pris sa main sans lui demander son accord, et tu as fermé les fenêtres. Alors modulons l'histoire... Madame W. 82 ans, pathologiquement anxieux, sur une personnalité psychotique avec des accès de paranoïa (comme quoi on peut vivre vieux même avec ca...) a une haleine fétide (mais qd je dis fétide... je n'exagère pas... la première fois que je suis entré dans sa chambre j'ai cru qu'elle avait un cancer orl et une décomposition de muqueuse tant l'odeur est spéciale). Bon bref, ca pue la mort dans la chambre, sauf qu'elle a 82 ans, qu'elle est dyspnéique, donc qu'elle respire comme moi après 30 mn de jogging, mais elle c'est dès le réveil qu'elle a 40 mouvements respiratoires à la minute (la norme c'est de 16 à 18 si ma mémoire est bonne). 82 ans, elle est en T shirt dans une chambre dont les deux fenetres sont ouvertes. Dehors il fait 13°, et dans la chambre la température doit avoisiner les 18 à 19°. Donc effectivement, qd je suis entré dans la chambre, j'ai trouvé qu'il faisait froid, je me suis approché de Madame W. en lui disant un truc du genre "ben dites donc, il fait froid chez vous... vous n'avez pas froid ? Donnez moi votre main..." j'ai pris sa main, elle était glacée et j'ai eu la bêtise de penser qu'à 82 ans, on pouvait avoir froid dans une chambre ou il fait 18/19° et qu'on est en T shirt... et du coup j'ai fermé les fenêtres, qui rappelons le sont à la base ouverte par commodité pour le personnel afin de ne pas vomir en entrant tellement l'odeur est abominable. Revenons en à Pétasse et à son reproche... "alors qd tu lui as pris la main, moi j'ai vécu ca comme une véritable agression. Tu n'as pas attendu qu'elle te donne son accord, et tu as fermé les fenêtres sans qu'elle te l'ai demandé... en psychiatrie on soigne par la parole. Elle n'avait peut être pas froid et tu as décidé pour elle" Bref, même mon début de formation de torche cul niveau expert ne m'aura donc servi à rien... Je m'étonne moi si ca perception est un reflet fidèle du respect qu'on accorde au patient dans un service psychiatrie... que Madame G. ai été attouchée... quoi c'est vrai : elle m'a montré son prolapsus, elle m'a dit : aidez moi, et moi je lui ai foutu de la vaseline autour d'une selle trop dure dans une partie des plus intimes du corps... elle voulait peut être simplement que je l'aide à finir les mots croisés du monde diplomatique de la veille...
Bon comme si c'était pas assez pour une journée, Marylin était d'après midi...
- Christophe ?!
- Oui...
- Regarde comme j'ai les yeux bleus et comme je suis belle. C'est toi qui a posé des questions à Madame W. hier matin ?
- Non je n'ai pas posé de questions à Madame W. hier matin...
- C'est bizarre elle a dit qu'un homme lui avait posé des questions, c'est sa fille qui est venue m'en parlé hier après midi... et hier y'avait pas d'autre homme dans le service... L'homme lui a demandé si elle vivait seule...
- Ah, oui je lui ai fait la conversation...
- Donc tu lui as posé des questions...
- Nan pas vraiment. Je suis allé prendre sa tension avec le tensiomètre automatique et elle avait 18/10 et 140 pulsations, elle haletait donc je lui ai dit que je reviendrais plus tard... et j'y suis retourné plus tard avec le tensiomètre manuel... qd je suis entré dans la chambre, elle respirait presque normalement, la vue du tensiomètre l'a rendu polypnéique, donc j'ai intallé le brassard et j'ai décidé que ca n'était pas le moment de prendre la tension à la seconde vue la respiration...
- Oui je vois... mais continue à bien regarder mes yeux, ils sont bleus, et note que j'ai les dents blanches (260€ de blanchiment, je te donnerais l'adresse de mon dentiste expert en blanchiement)...
- Donc, je lui ai demandé si elle vivait chez elle, elle m'a répondu par l'affirmative, si elle vivait seule, elle a répondu par la négative, si elle vivait avec son mari, affirmative... jusqu'à ce que sa polypnée soit moins ... accentuée puis j'ai pris la tension, elle avait 16/8... c'était tjrs pas ca mais bon...
- Ah ben Madame W. était persuadée que tu faisais une enquête sur elle, alors à l'avenir essaie de ne parler que du quotidien avec elle, et bon sang regarde mes yeux ...
Brefle la journée s'est terminée ainsi. Après Madame G. voilà que c'est Madame W... je fais des ravages en psychiatrie dites donc...
Bon après je sais plus parce que j'ai pas été assez rapide et que j'ai pris du retard... on est mardi après midi et je suis décalqué... mais vous devrez attendre la suite pour savoir comment s'est passée ma première nuit...
Dans le silence j'ai découvert la voix de Dieu...
Sören Kierkegaard (Philosophe et théologien Danois)
et moi je vais découvrir autre chose si ca continue...
05 juillet 2007
Jeudi... leçon de vie...
Ce matin, c'est une catapulte qu'il m'aurait fallu à la place du réveil ! Bon sang, encore un matin pour finir la semaine et j'ai rien écrit aujourd'hui... Faut dire que je suis en pleine saison 3 de Desesperate House Wifes... Hier Lynette ne soutenait pas le projet de Tom, Eddie Britt tentait de séduire... et la pauvre Susan Mayer cherchait desespérement une solution à son problème, Gaby, elle, faisait sa peste et la meilleure pour la fin Bree me faisait rêver à un monde parfaitement lisse et courtois... Enfin bref, vous n'avez qu'à regardez vous aussi !
Bon tout ca pour dire que ce matin quand le réveil a sonné, c'était pas la forme.... et pourtant... j'étais non seulement à l'heure à l'hopital, mais j'ai meme commencé ma journée par ma première transmission psy... mon admission d'hier après midi... en gros j'ai raconté ca : "Mme K. autonome (sauf pour l'enfilage de ses bas de contension pour lesquels elle requiert une aide), 72 ans est hospitalisée pour syndrome dépressif par son médecin généraliste. Madame K. a eu trois filles. Les deux premières sont décédées respectivement à 3 jours (sans qu'elle l'ai vue : malformation teratogène ?) et la seconde à 1 ans : encéphalite. La troisième I. (c'est son prénom !) a 45 ans mariée, mère de deux enfants, a été le sujet d'inquiètudes multiples pour Madame K d'autant qu'elle a eu une méningite sans séquelle à son 3ème jour de vie. Madame K. a été sujette à la dépression depuis 1961. L'an passé, elle a perdu son conjoint, son frère et son beau frère entre janvier et mars. Hospitalisée en novembre 2006 pour syndrome dépressif sévère, Madame K. est d'abord passé en maison de repos avant d'être placée en institution : Maison de retraite Machin. Madame K. souffre de malaises se manifestant par une paralysie des membres sup et inf, d'une oppression de la cage thoracique, de vertiges qu'elle ne supporte plus. Elle attend de son hospitalisation la disparition de ses malaises, le retour d'un sentiment de quiétude et d'un sommeil réparateur. Antécédants d'hystérectomie en 1964 à 29 ans, hypertension artèrielle et incontinence urinaire par impériosité traitées." Voilà tout le monde savait l'essentiel sur Mme K avant même d'avoir vu sa tête.
Puis vint le tour de Monsieur B. (si vous ne voyez pas qui est Monsieur B. c'est que vous prenez mon blog en cours de route ou que vous lisez sans intérêt le récit de mon stage en psychiatrie ! Go back to : . Pour les paresseux, Monsieur B. est un homme bien en chair dont les veines se camoufflent à l'approche de l'aiguille). Paulette n'étant pas là, j'avais la charge de le charcuter ce matin. Impossible pour moi de piquer à l'aveugle manchot (voit pas, sent pas la veine)... butterfly. Léger ajustement et hop trois tubes de sang.
Glycémie capillaire, ttts substitutifs hormanaux, petit déj, médoc, débarrassage ptt déj, tour de paramètres, toilette de Monsieur C. que j'ai réussi à emmener au lavabo en moins de 3 minutes et sans forcer, désinf, clope, puis entretien avec le psychiatre pour la pré admission d'un patient psychotique +++. Etrange... Pas un mot de la part du patient pdt l'heure d'entretien. Mais qd je dis pas un mot, c'est même pas "bonjour". Il a serré la main, mais aucun mot n'est sorti de sa bouche.
Prise en charge de Madame G. (cf mes attouchements... voir Jeudi sssssssssscusi ??!!) qui a des soucis avec sa fille et sa voisine de chambre qui est exaspérée par ses multiples malaises, cris, pleurs et autres débordements en tout genre.
Aujourd'hui, enfin ce matin, j'avais le sentiment de ne pas être très utile dans ce stage, enfin en psychiatrie d'une facon toute générale. Ben j'crois bien qu'aujourd'hui, sans avoir fait de travail technique, j'ai pris en charge des patients de manière holistique. C'est t y pas beau la vie d'un étudiant infirmier ???
Christophe..., je ne peux pas continuer comme ca...
Madame G. (que j'ai sexuellement attouchée !!!!) d'une voix lassive
04 juillet 2007
Mercredi ...
Aujourd'hui, j'ai couru. Je suis rentré à 9:15, passke je travaillais d'après midi et je suis allé chez Ban Asia... Bah maintenant que j'ai ma bible de la cuisine d'Asie... je vais remplir mes placards jusqu'à ce qu'on m'implore : nan Suzy Wan fils, toi arrête de faire manger nous requin faisandé noix cajou...
Alors une nouvelle journée ... nan en fait j'avais des choses à raconter mais je suis crevé, alors je vais faire court et vous livrer un proverbe anglais qui me parait nous allez comme une mouffle en ce mois de juillet :
Si on ne voit pas la France depuis le rivage, c'est qu'il pleut ;
si on la voit, c'est qu'il va pleuvoir.
03 juillet 2007
Mardi... cuisine au riz !
Rien de neuf à l'hopital... je suis encore sorti du lit à une heure indescente : 5:10 et j'ai rien de spécial à raconter.
Pour bien finir la journée, en fin d'après midi on m'a offert une encyclopédie de la cuisine asiatique. Depuis, je parle comme fils de Suzy Wan. Forcément à nem manger, ca me pendre au nez...
Journée petite tranquille. Rien faire et lire bible de cuisine comme là bas... Surconsommation gingembre et sauce huitre à prévoir... hi hi hi... bref, vous l'aurez compris... c'est l'été et la pluie incessante me tape sur les nerfs...
Le secret du gazon anglais : vous semez, et vous laissez pleuvoir pendant 7 siècles...
André Mauroy (écrivain français décédé 14 jours après ma naissance... et 7 mois avant mai 68 !!!)





