Tof_Infirmier_???

Journal d'un vieil infirmier débutant ou Comment les jours se suivent ...

05 juillet 2007

Jeudi... leçon de vie...

Ce matin, c'est une catapulte qu'il m'aurait fallu à la place du réveil ! Bon sang, encore un matin pour finir la semaine et j'ai rien écrit aujourd'hui... Faut dire que je suis en pleine saison 3 de Desesperate House Wifes... Hier Lynette ne soutenait pas le projet de Tom, Eddie Britt tentait de séduire... et la pauvre Susan Mayer cherchait desespérement une solution à son problème, Gaby, elle, faisait sa peste et la meilleure pour la fin Bree me faisait rêver à un monde parfaitement lisse et courtois... Enfin bref, vous n'avez qu'à regardez vous aussi !

Bon tout ca pour dire que ce matin quand le réveil a sonné, c'était pas la forme.... et pourtant... j'étais non seulement à l'heure à l'hopital, mais j'ai meme commencé ma journée par ma première transmission psy... mon admission d'hier après midi... en gros j'ai raconté ca : "Mme K. autonome (sauf pour l'enfilage de ses bas de contension pour lesquels elle requiert une aide), 72 ans est hospitalisée pour syndrome dépressif par son médecin généraliste. Madame K. a eu trois filles. Les deux premières sont décédées respectivement à 3 jours (sans qu'elle l'ai vue : malformation teratogène ?) et la seconde à 1 ans : encéphalite. La troisième I. (c'est son prénom !) a 45 ans mariée, mère de deux enfants, a été le sujet d'inquiètudes multiples pour Madame K d'autant qu'elle a eu une méningite sans séquelle à son 3ème jour de vie. Madame K. a été sujette à la dépression depuis 1961. L'an passé, elle a perdu son conjoint, son frère et son beau frère entre janvier et mars. Hospitalisée en novembre 2006 pour syndrome dépressif sévère, Madame K. est d'abord passé en maison de repos avant d'être placée en institution : Maison de retraite Machin. Madame K. souffre de malaises se manifestant par une paralysie des membres sup et inf, d'une oppression de la cage thoracique, de vertiges qu'elle ne supporte plus. Elle attend de son hospitalisation la disparition de ses malaises, le retour d'un sentiment de quiétude et d'un sommeil réparateur. Antécédants d'hystérectomie en 1964 à 29 ans, hypertension artèrielle et incontinence urinaire par impériosité traitées." Voilà tout le monde savait l'essentiel sur Mme K avant même d'avoir vu sa tête.

Puis vint le tour de Monsieur  B. (si vous ne voyez pas qui est Monsieur B. c'est que vous prenez mon blog en cours de route ou que vous lisez sans intérêt le récit de mon stage en psychiatrie ! Go back to : . Pour les paresseux, Monsieur B. est un homme bien en chair dont les veines se camoufflent à l'approche de l'aiguille). Paulette n'étant pas là, j'avais la charge de le charcuter ce matin. Impossible pour moi de piquer à l'aveugle manchot (voit pas, sent pas la veine)... butterfly. Léger ajustement et hop trois tubes de sang.

Glycémie capillaire, ttts substitutifs hormanaux, petit déj, médoc, débarrassage ptt déj, tour de paramètres, toilette de Monsieur C. que j'ai réussi à emmener au lavabo en moins de 3 minutes et sans forcer, désinf, clope, puis entretien avec le psychiatre pour la pré admission d'un patient psychotique +++. Etrange... Pas un mot de la part du patient pdt l'heure d'entretien. Mais qd je dis pas un mot, c'est même pas "bonjour". Il a serré la main, mais aucun mot n'est sorti de sa bouche.

Prise en charge de Madame G. (cf mes attouchements... voir Jeudi sssssssssscusi ??!!) qui a des soucis avec sa fille et sa voisine de chambre qui est exaspérée par ses multiples malaises, cris, pleurs et autres débordements en tout genre.

Aujourd'hui, enfin ce matin, j'avais le sentiment de ne pas être très utile dans ce stage, enfin en psychiatrie d'une facon toute générale. Ben j'crois bien qu'aujourd'hui, sans avoir fait de travail technique, j'ai pris en charge des patients de manière holistique. C'est t y pas beau la vie d'un étudiant infirmier ???

hepburn

Christophe..., je ne peux pas continuer comme ca...
Madame G. (que j'ai sexuellement attouchée !!!!) d'une voix lassive

Posté par Tof_infirmier à 22:25 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 juillet 2007

Mercredi ...

Aujourd'hui, j'ai couru. Je suis rentré à 9:15, passke je travaillais d'après midi et je suis allé chez Ban Asia... Bah maintenant que j'ai ma bible de la cuisine d'Asie... je vais remplir mes placards jusqu'à ce qu'on m'implore : nan Suzy Wan fils, toi arrête de faire manger nous requin faisandé noix cajou...

Alors une nouvelle journée ... nan en fait j'avais des choses à raconter mais je suis crevé, alors je vais faire court et vous livrer un proverbe anglais qui me parait nous allez comme une mouffle en ce mois de juillet :

Si on ne voit pas la France depuis le rivage, c'est qu'il pleut ;
si on la voit, c'est qu'il va pleuvoir.

Posté par Tof_infirmier à 19:54 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2007

Mardi... cuisine au riz !

Rien de neuf à l'hopital... je suis encore sorti du lit à une heure indescente : 5:10 et j'ai rien de spécial à raconter.

Pour bien finir la journée, en fin d'après midi on m'a offert une encyclopédie de la cuisine asiatique. Depuis, je parle comme fils de Suzy Wan. Forcément à nem manger, ca me pendre au nez...

Journée petite tranquille. Rien faire et lire bible de cuisine comme là bas... Surconsommation gingembre et sauce huitre à prévoir... hi hi hi... bref, vous l'aurez compris... c'est l'été et la pluie incessante me tape sur les nerfs...

Le secret du gazon anglais : vous semez, et vous laissez pleuvoir pendant 7 siècles...
André Mauroy (écrivain français décédé 14 jours après ma naissance... et 7 mois avant mai 68 !!!)

Posté par Tof_infirmier à 19:38 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juillet 2007

Lundi... je suis remis !

Ah ben la semaine a bien commencé ! Je me suis approché de Mme G. sans qu'elle est pour l'heure eu la sensation d'un attouchement sexuel par la pensée ! On sait jamais j'étais debout, elle était assise devant son bol la première fois... j'aurais pu lui mater les nichons par le décolleté de sa chemise de nuit, voire avec mon regard pervers lui compter les poils pubiens par la vision plongeante offerte par le même décolleté... mais nan, à la place de ca... je l'ai écoutée me dire que les Valium lui filaient la gerbe à cause de leur goût.... Même chose lorsque je l'ai éconduite de l'atelier Ludothérapie... on faisait un scrabble... pauv'e Madame G. angoissée par la lecture d'un texte de catéchisme, elle aurait voulu faire un scrabble... avec la capacité (actuelle, je ne mets pas en doute qu'en d'autres temps et je le lui souhaite dans des moments futurs proches elle la recouvre) de concentration d'un enfant de 4 ans... je lui ai donc proposé un Mémory animaux... elle n'a pas voulu...

Bref, les jours à l'hopital en service de psychiatrie s'écoulent lentement, j'y apprends peu techniquement parlant, mais alors humainement, je vous assure que c'est une lecon de vie à chaque instant.

Bon, L'Isa m'a collé un tag... j'ai remis tout le we... j'en ai même rien écrit vendredi...mais là faut que je m'y colle... Alors contrairement à L'Isa, moi je suis un paresseux né... j'vais donc vous livrer un petit truc que j'ai trouvé sur un blog amerloc :

logo_tag

You have to use 3 words to answer each question. No more, no less.

It's harder than you think.

1. Where is your cell phone? je sais pas (ca fait trois mots !)
2. Your boyfriend/girlfriend? lire canapé salon (quoi ca fait tjrs que trois mots !)
3. Your hair? courts, bruns, gras (à cause de la cire !!!!)
4. Where is your mother? dans sa chemise
What happened to #5 ? je sais pas (moi je fais que répondre aux questions stupides !!!)

6. Your favorite thing to do? manger, fumer, dormir
7. Your dream last night? me souviens pas
8. Your favorite drink? eau, café, coca (zero pour ce que ca intéresse)
9. Your dream car? BMW Z4 Roadster
10. The room you're in? couloir entrée appartement

What happened to #11?
12. Your fears? Me noyer conscient

What happened to #13?
14. Who did you hang out with last night? Jack, Kate, Sayer (dernière épisode la saison 3 en VO)
15. What you're not good at? cuisiner le couscous (y parait que c'est le pire qu'on puisse savoir à des km à la ronde...)
16. Muffins? banane jasmin chocolat
17. One of your wish list items? Herpès disparu, fini
18. Where did you grow up? Centre Meuse 55 (la honte !!! prenez ca pour une révelation !!!!)
19. Where were you born? Verdun centre ville (c'est quand même la capitale mondiale de la paix !!!)
20. The last thing you did? allumer une cigarette
21. What are you wearing? Tshirt, jeans chausettes

What happened to #22?
23. Your computer? vieille machine bruyante
24. Your life? jamais glander tranquille !
25. Your mood? chlorydrate de paroxétine
26. Missing? maison avec jardin

Bon le tag se ressert... y me reste que 5 révélations à vous faire :

1. il me manque une phalange à l'annulaire droite... séquelle d'un accident de motocycle en des temps immémoriaux, ca me gêne régulièrement, et c'est pas très esthétique. Ma main droite est en prise à une attitude vicieux de repli sur soi... avec de la volonté elle se déplie qd meme.
2. j'ai roulé en smart pdt trois ans après  avoir été victime du vol de ma clio sport ! ca m'apprendra à avoir voulu jouer au cake à rouler dans une voiture fun. Ceci dit la smart, c'était sympa en ville. J'ai même réussi à aller jusqu'à Amsterdam avec (environ 490 km), il m'a juste fallu 8 jours pour me redresser tellement la suspension est raide...
3. j'adore la photo. enfin, j'adore faire des photos. Je ne suis pourtant pas doué, mais j'ai un coup d'oeil plutot rapide, détaillé... pourtant, je n'ai fait que peu de clichés digne d'intérêt. Ca ne m'empêche pas de perceverer et je suis certain que d'ici ma mort, j'en aurai au moins fait 10 vraiment bonnes...
4. j'adore cuisiner, et là contrairement à la photo, je ne m'en sors pas mal du tout. Ca n'est pas pure prétention, j'ai des amateurs autour de moi qui sont surpris régulièrement. En fait, je crois que la passion me pousse à y passer du temps, et que du coup, à prendre son temps, à se documenter, à inventer, à prendre des risques, on finit par créer qqchose proche d'un style personnel. En quoi c'est une révélation ?! Je vous rappelle que je suis un mec, et qu'en plus je suis paresseux !
5. j'ai voté pour un candidat communiste aux dernières élections législatives, et ca n'était pas une première. Ne nous méprenons pas, je ne suis pas du tout convaincu que le communisme soit la solution à tous les problèmes, ni même aux problèmes tout court, je déteste Marie-Georges Buffet, mais j'essaie d'avoir une vision plutot globale. Les socialo sont en pleine déconfiture depuis des lustres. Jadis, dans un passé pas si lointain, le communistes ont réussi à faire passer des choses totalement farfelues jusqu'alors comme les congés payés, la sécu... et d'autres, ils n'ont par conséquent pas faits que des goulags, créer la misère en URSS et donné du sens au mot dictature... Le candidat en question me paraissait interessant à plusieurs égards. Ca n'est pas lui qui est passé, mais bon, je lui ai donné ma voie.
6. allez, une dernière parce que je suis bon... (AVEC UN "B" !!!). Ma mère était (elle est en retraite) prof de math physique et j'ai eu le bonheur de l'avoir en cours, en physique (seulement, malheureusement !). J'avoue avoir récupéré à quelques reprises mes copies dans son sac ou sur son bureau et avoir refait les devoirs en m'inspirant des copies des meilleurs de ma classe. Pas con le Tof, je ne poussais pas jusqu'à avoir une super note, juste à avoisiner la moyenne. Ca a marché, et elle ne l'a su que bien des années plus tard... qd j'étais hors de portée... Ceci dit, j'ai payé, et je continue à payer un lourd tribu à son activité professionnelle !!! Je suis mathophobe ! Kesako ?! Dès qu'il s'agit de données chiffrées, je deviens sourd, aveugle et arriéré profond. Je n'entends rien à rien à un problème quelconque ayant trait aux chiffres ou au raisonnement mathématique. Je ne connais même pas mes tables de multiplications, je suis obligé d'user de stratagèmes parce que depuis que je suis à l'IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers) je suis contraint à ma livrer à des exercices de calcul de doses (mes stratagèmes fonctionnent mais put### ce que ca me coute d'énergie et de temps !!!).

Le devoir m'appelle, ce soir, c'est préparation de Nems et nouilles de riz sautées au porc caramélisé... autant vous dire que j'ai du pain sur la planche...

Il y a deux sortes de livres de maths : ceux dont on ne lit que la première ligne et ceux dont on ne dépasse pas la première page...
Chen Ning Yang (physicien Chinois)

Posté par Tof_infirmier à 19:28 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 juin 2007

Vendredi... ZAPPÉ...

Pas envie, ou un truc, du genre, je n'ai rien eu à écrire pour ce vendredi, mais vous ne couperez pas à la citation du jour :

Un seul hêtre vous manque... et tout est des peupliers...
Jean-Paul Grousset (Journaliste français)

Photo_2405

Posté par Tof_infirmier à 16:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2007

Jeudi sssssssscusi ??!

ladiesonfly9ye

Jeudi matin, 6:05, les trans commencent. L'inf de nuit liste les patients et arrive à Mme G à la 65... :

- Madame G. a été très angoissée tout l'après midi mercredi et toute la nuit parce que... parce que... elle a eu une sensation d'attouchement sexuel lors de l'extraction d'un fécalome la semaine dernière...

Glupppppppps...

Ca m'a plombé ma journée. On est deux jours plus tard, je relativise seulement. D'une part, comment ne pas passer par le contact, le toucher pour extraire un fécalome ??? J'ai repris mes cours, j'ai pris un guide de soins infirmiers... un fécalome ca s'extrait : avec un doigt et pas de matériel possiblement agressif.

D'autre part, Madame G. souffre d'une psychose dissociative. Forcément son rapport au réél est déjà modifié, en plus, le rapport à son corps l'est également.... alors son rapport à l'autre...

Ben voilà mon jeudi.

Un élu, c'est un homme que le doigt de Dieu coince contre un mur.
Jean-Paul Sartre

Posté par Tof_infirmier à 20:04 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juin 2007

Mercredi de l'angoisse...

Oh que ce fut dur ce matin quand le réveil a sonné à 5:10... Je m'étais dit que 5 minutes de sommeil en moins ca coutait pas grand chose et qu'en même temps, ca m'avancait un tout petit peu... mais à 5:10 je ne disais plus la même chose. Je suis arrivé hirsute à la cafetière, et j'ai été obligé d'attendre que le café soit passé (c'est une expresso, ca va vite, j'en vois certains d'entre vous m'imaginer assis devant le porte filtre 10 mn durant... regardant les gouttes tomber... donc je précise, c'est pas comme ca que ca s'est passé... !). Une gorgée de café, une douche, une clope, avec mon café, puis une tartine et là seulement j'ai ouvert un oeil. Pffff ske c'était difficile ! Même l'annonce par Nicolas Stoufflé du démarrage des soldes dans 80 départements ne m'a pas mis de bon poil.

quick

6:06 j'entrais dans la salle de soin. Les transmissions étaient commencées, mais y z'avaient passé en revue uniquement deux patients... j'ai donc eu vite fait de raccrocher les wagons. 6:15 j'avais déjà mon chariot prêt pour les 2 prélèvements du jour. Madame T. (la fana des benzo) et Monsieur C. (dont les veines sont vides).

Je frappe à la 76... Madame T. répond rapidement. Elle m'accueille avec un "j'ai pas dormi de la nuit"... elle me confond avec l'infirmier de nuit, ouvre à peine l'oeil gauche... Je saisis son bras droit. Garrot, alcool (c'est le protocole en psy !!! dixit Marylin {regardez comme je suis belle j'ai deux yeux et ils sont bleus, et mon maquillage pétasse en bleu turquoise c'est pour vous éviter de plonger dans mon regard bleu WC Net}). Rien pas de veines !!! Une humanoïde ?! Probablement. Qu'à cela ne tienne, je lui demande quel bras est d'ordinaire piqué, et c'est bien le droit. Comme je suis seul, j'ai embarqué une aiguille noire ET un butterfly... je prends mon temps, je tapotte d'un doigt (Madame T. me fait remarquer que d'habitude on lui claque le bras pour faire sortir les veines... et je lui réponds que d'habitude, il n'est pas 6:15 quand elle fait sa prise de sang au labo...), je repasse de l'alcool, je masse, je tate, je repère et je me décide, elle est là ! Gants, préparation du matos, re garot, et butterfly en main je préviens : "Je pique !". Bingo ! Du premier coup, je suis dedans ! Je remplis mes 6 tubes Madame T. est presque rendormie quand je lui dit : je dépique... Pdt que les tubes se remplissent j'observe. Déjà Madame T. a de monstreuses traces d'oreiller sur la joue droite... pas dormi... j'ai un doute. Ensuite, pas le moindre tremblement. Je le lui fais remarquer et elle me dit que ca l'a aidé à dormir. Elle n'est pas aussi fatiguée que d'habitude. Tu m'étonnes, hier, elle tremblait comme en pleine hiver qd on est glacé et coincé dehors, avec en plus la peur au ventre (imaginez Balasco coincée en haut des pistes sous un malheur refuge, Michel Blanc prêt à ... juste avant un malheur verre de liqueur de crapeau). Son discours est fluide, pas du tout parasité par les tremblements de la machoire. Bref, un simple cacheton de la veille et elle est transformée. Elle dort sur le coté droit, y'a aucun doute sur le sujet... passke vraiment les traces d'oreiller sont profondes. Qd j'ai remballé mon matériel, elle me demande presque inquiète... je peux dormir combien de temps avant la prochaine visite...
- 30 mn ma bonne dame, et on vient avec le petit déj...
J'ai pas dormi de la nuit ! Mon oeil oui !!!

Je frappe ensuite à la 63. J'entre, il fait nuit noire. Pour un peu je repartirais. Ils dorment encore tous les deux. Monsieur C. est en première position. C'est son voisin, Monsieur L. qui parle le premier. Monsieur C. va mieux, ca se voit d'emblée. Déjà, il dort. Ensuite quand il se réveille, il ne rale pas. Je lui annonce l'objet de ma visite et il me tend son bras sans grogner. Pareil, j'ai embarqué aiguille noire et butterfly. Je prends mon temps, et miracle, la veine est là, belle... gorgée de sang. Keske je fais ? Aiguille ou butterfly ? Plouf plouf... butterfly, vu les boucheries des jours passés qd Paulette y est allée, je ne vais pas tenter de faire mieux en matière de bleu... d'autant qu'il est sous anti coagulant... Premier coup aussi mon tube est rempli. Miracle ? J'en sais rien, mais promis d'ici ce soir un cierge aura été allumé de ma main...

On sonne à la 65. Madame G. elle va vomir... Elle sue. Elle angoisse. Elle somatise. Elle a peine à bouger le bras droit. Il est engourdi par l'angoisse.

Ensuite, c'est parti pour l'habituel... petit déj, médoc (sauf chez Madame G. qui menace toujours de vomir),petit déj (débarassage). Changement de draps... et je suis stoppé net par Paulette (parlons en de Paulette, depuis l'Affaire du fécalome, elle est métamorphosée. Charmante, attentionnée, prévenante... soit, elle était de mauvais poil avant, soit j'ai gagné du galon à sortir des selles trop dures en douceur... D'ordinaire, je n'aime pas revenir sur mon opinion, mais en l'occurence, je serai de mauvaise foi si je ne disais pas qu'elle me parait nettement plus humaine depuis le début de semaine). Toilette de Monsieur C. Pincez moi. Quelques gouttes de tertian et c'est un autre homme. Il est souriant, coopére, se laisse faire quand je lui propose de lui laver le dos, me demande de l'aide pour les pieds. Surprenant. Un petit coup de zèle... ses ongles de pieds sont longs, genre griffe d'ours qui n'a pas chassé depuis plusieurs mois... je lui propose de les lui couper dès que j'aurais un coupe ongle... sauf que l'Ours en retraite est organisé... il a un coupe ongle et me demande si je peux faire maintenant. Amusant, il n'arrive pas à faire ce soin seul parce qu'il a du mal à se pencher, mais il a du pratiquer le "palming" (technique asiat de relaxation occulaire) parce qu'il voit dans le détail ce que je fais, me fait couper plus court, comme ci, et comme ca, il a l'oeil Monsieur C...

Bref, j'vous le dis, un autre homme. La toilette terminée, je réussis même sans difficulté à lui faire dire qu'il va mettre ses chaussettes de contention. Je file en salle de soin faire mes transmissions. Une aide soignante me fait un sketch parce que j'ai coupé des ongles de pieds... Ben quoi, il est pas diabétique et je ne suis pas un charlatant. Ma réponse pose le décors... d'un coté, j'ai certes pris le risque de couper sans avoir la certitude (je ne lui ai effectivement pas fait un test d'hémoglobine glyquée, mais bon...) mais j'ai été prudent dans le soin, d'un autre coté, je préfère lui permettre de conserver son autonomie plutot que de le voir coucher toute la journée parce que ses griffes rayent le lino de la chambre au travers des chaussures...

Atelier lecture : c'est parti. Une salle au 4ème étage. Forcément, je suis en retard... ca m'apprendra à couper les griffes d'un patient !

C'est Pétale et une jeune inf, fraiche et douce qui animent. Huit patients. Je suis là en observateur. Le but de l'atelier est d'amener les gens à parler. Au début ca me fait tout drole, le texte est issu d'un bouquin de cathéchisme, c'est pas possible autrement. Il est question de la peur. On ne peut pas dire que les paroles fusent... mais petit à petit, les gens échangent, c'est orchestré par l'inf jeune et douce d'une main ferme . Soudain Madame G. qui a laissé son vomi à la 65 se manifeste... Elle ne se sent pas bien. Forcément on parle de peur... elle a peur en permanence Madame G. Petale se lève et ouvre la fenêtre juste derrière Madame G. On est au 4ème étage, dans les chambres, les fenêtres sont oscillantes pour éviter les défenestrations, mais là juste dans le dos de Madame G. Pétale ouvre au large la fenetre. Madame G. n'arrête pas de bouger sur sa chaise. Nan je ne fais pas une fixette sur elle, elle est tout bêtement assise sur une chaise qui grince, on ne peut pas rater le moindre de ses mouvements. Madame G. demande à l'inf jeune et douce si elle peut quitter la séance.
- Non Madame G. ca perturberait le fonctionnement du groupe.
zing zing zing, schkrrrrrrrr, zing, zing, bang
Madame G. est debout. Elle s'adresse à Pétale cette fois. Je peux redescendre dans ma chambre...
- Nan c'est presque terminé
Tourne, vire, tourne se lève, Madame G. fait des efforts, mais c'est anxiogène à mort ce qu'elle entend. Elle n'en peut plus et se tourne vers moi : je peux retourner dans ma chambre... oscillation négative de tête. Pour mémoire je suis à l'extérieur du cercle, je suis là en observateur. Madame G. se lève et se dirige vers moi d'un pas décidé. Put### j'ai pas ma carapace ! Groupe de patient donc vêtements civils. Et si elle m'en collait une ?! Flash back. Je suis en long séjour qd un papy m'en a mis une parce que j'avais pris sa main et qu'un mec ca prend pas la main... Madame G. fait le tour de la pièce et se rassoie. Elle se tourne vers sa voisine, une autre patiente et lui reformule sa demande de quitter le groupe... On finit l'atelier, angoissé par l'attitude de Madame G. Je verbalise mes craintes : violence, défenestration, coups. L'inf jeune et douce me dit qu'elle est toute perturbée aussi. Seule Pétale tient la route. Ceinture noire de karaté Pétale. Elle était prête à intervenir... tu parles... soit elle en a vu tellement d'autre à 1 an de la retraite, soit elle ne dit plus qu'elle flippe.

Debreafing sur les cas lourds... :
Monsieur E., 23 ans, en pleine décompensation psychotique. Il est surveillé. Il a des preuves : la dernière en date... on lui a servi une danette au chocolat au dessert d'hier soir, or tout le monde le sait, il deteste le chocolat, par conséquent, c'est clair, on lui en veut.
Madame S. réduite à l'esclavage par un mari tout puissant. Elle est entrée en service pour une bête histoire d'yeux jaunes qui lui font craindre le regard des autres, au final, elle est morte de trouille, elle est soumise au dernier degre à un mari frappé
Madame R. ... trop compliqué pour moi...

On sert le déjeuner, on distribue les médocs et je descends fumer, j'ai pas posé mes fesses depuis 6:15, meme pas un café... Je fume vite, j'ai la tete qui tourne, la langue qui arrache... et je remonte débarrasser, il est 13:15, j'y vais.

Je rentre et je tombe au lit. Réveil à 15:30. Bon sang une vraie chochotte... je suis fatigué d'un rien...

Posté par Tof_infirmier à 18:09 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juin 2007

Mardi, j'suis décrepi !

Mardi après midi.

Bon sang ske c'est triste un service de psychiatrie sous le ciel gris et dans le froid d'un mois de juin. Cet après midi, l'ennui promis la semaine dernière est tombé.

Début de service à 12:00. Plateaux repas (du chariot à la chambre), médocs, plateaux repas dans le sens inverse (de la chambre au chariot) et coup de torchon sur la table, puis transmissions (heureusement, y'a eu deux entrées hier, ca a au moins donné lieu à un "brossage de tableau"), puis tour d'après midi. Rapide, on entre dans la chambre, on allume la "présence", on s'enquiert du moral du jour, on jete un oeil sur l'environnement, ah tiens la tasse de Madame Z. n'a pas été débarrassée, ou mais pourquoi Madame W. a t elle la tete en hyper extension sur l'oreiller... on remonte le dossier, on désactive la présence et hop on passe à la chambre suivante... et comme avec 35 présences...

15:00 nous partons Thierry et moi cherchez Madame T. Rendez vous avec le psychiatre du couloir. On arrive dans le bureau. Ils se connaissent. Madame T. était là l'an passé, un peu plus tard dans l'année, puisque c'était en aout. Le Dr lui demande pourquoi elle est là. Elle a besoin d'aide. 7 lexomil par jour, et 3 stilnox, et puis une floppée d'autres médocs. Le Dr s'inquiète... "comment vous procurez vous tous ces médicaments ??" => nomadisme médical. La dame est dyskinésique, asthénique ne réussit plus à faire le ménage chez elle, ni à faire à manger à son mari alcoolique, ni même à aller faire ses courses, mais elle réussit à consulter au cabinet plusieurs médecins pour obtenir ses ordonnances. Ce qu'elle veut ? Dormir ! 7 lexomil, 3 stinox et j'en passe et elle ne dort pas, elle tremble... Ses recepteurs ou médiateurs neuronaux sont saturés...

http://www.medisite.fr/medisite/Lexomil.html

Je rédige la macro cible, puis établis les cibles, il est presque 17:15 qd je sors du bureau.

Une clope, j'ai la bouche pleine d'herpès, mais j'arrive à fumer.

17:50 plateaux repas du chariot à la chambre, médocs, plateaux repas de la chambre au chariot, coup d'éponge sur les tables, je vire les tasses qui trainent, ramène les chariots à l'ascenceur et ... j'attends.

18:45 injection d'une HBPM à Monsieur C. je découvre en même temps qu'il aura droit à un nouveau prélèvement sanguin demain matin.

18:58 je dis bonsoir et je monte au vestiaire.

19:02, je franchis la porte de l'hopital.

Je suis mort, mais pas du boulot de l'après midi. Je suis tué par deux longues trainées de boutons sous la langue ! Somatisation ??? Sans doute ! Mais keske j'ai bien pu faire pour que ca sorte cette fois ?!

Je ne fais jamais d'exercice. Si Dieu avait voulu que l'Homme se touche les pieds, il les aurait mis plus haut sur le corps !
Gene Perret

Posté par Tof_infirmier à 22:09 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 juin 2007

Lundi, c'est reparti...

Nouvelle semaine en service de psychiatrie réglée.

L'arrivée de la pleine lune ? Le froid ? La pluie sur les vélux ? L'angoisse de retrouver les "fous" ? Ou une sieste trop ... (comment une sieste peut-elle être trop ?!) longue dimanche après midi ? Toujours est-il que la nuit passée, je n'ai pas bcp dormi.

Ce matin, à 6:07, j'étais en service. Plus exactement j'ouvrais la porte de la salle de soins et miracle les transmissions commencaient tout pile. Ce matin, Paulette, Nadine (infirmière fraichement diplomée, enfin fraichement, y'a seulement quelques années (2 ou 3) qu'elle travaille en service, elle a encore toute l'humanité qui fait si cruellement défaut à certains soignants), et l'inf de nuit qui a priori faisait de la voltige depuis un autre service.

Rebelotte, prises de sang. Paulette m'accompagne. Nous entrons dans la chambre de Monsieur C. tjrs le meme que la semaine dernière, et je sais dores et déjà que je ne le piquerais pas. Je passe directement au voisin. Paulette est à mes côtés, c'est fou ce qu'un fécalome peut changer la vie... Paulette est douce et aidante. Elle me tends les tubes, me donne des conseils... Et résultat, le Monsieur est tout souriant, il n'a pas eu mal, et moi j'ai eu mes tubes. Paulette se prépare avec Monsieur C quand Nadine entre dans la chambre, elle m'a trouvé de belles veines ! Je saute sur l'occaz... et de deux ! Deux prélèvements sans buterfly... et réussis !

pictionnary

Petits déj, médocs, je bosse un peu sur les thérapeutiques en usage dans l'unité de soin, et ... et il est 10:30, j'anime un atelier de Ludothérapie. PICTIONNARY ! J'ai bien retenu la leçon, sans la blouse on est sans armure. Je reste à distance, tout en pratiquant la bienveillance infirmière. J'observe, je suis aidant, j'aide à l'idéation... et je reporte mes observations dans les dossiers de soins de chacun des patients... et il est déjà midi, chacun repart dans sa chambre, et moi, je retourne à ma paperasse.

La journée est finie à 13:15, je ne demande pas mon reste.

Demain, c'est aprés midi. Pas d'hospit à la  demande d'un tiers en vue... donc ca risque d'être long.

Un gentleman c'est quelqu'un qui sait jouer de la cornemuse et qui n'en joue pas...
Pierre Desproges

Posté par Tof_infirmier à 22:16 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juin 2007

Vendredi... semaine finie !

Vendredi... la journée a commencé tôt, très tôt... Ici, ce ne sont pas les plombiers qui sont arrivés de Pologne, mais les plaquistes ! Une mirade de plaquistes ! Je ne sais pas combien ils sont, mais ils sont nombreux... une petite dizaine pas plus loin que dans l'immeuble qui jouxte le nôtre. Merci M. Lang, la fête de la musique est un succès, même 20 ans plus tard. Il était 2:17 quand mon oreille peu musicale a été secouée par des chants polonais dans la rue... DES CHANTS POLONAIS A 2:17 DU MATIN QUI ME SORTENT DE MON SOMMEIL ! Ouh put### !!! Mon sang ne fait qu'un tour, je me précipite au vélux pret à gueuler qd je me suis souvenu qu'ils ne comprenaient pas un mot de francais ! En plus y z'étaient bourrés ! Bref à 3:10 j'étais tellement agacé que j'avais pas refermé l'oeil... et le réveil sonnait à 5:15, je vous laisse imaginer le bon état d'esprit dans lequel je me trouvais... mais bon à 5:15, j'ai réussi à sortir du lit sans problème... enfin, les 20 premières minutes... après, ca a été moins cool, une fois la douche terminée, le café bu... mais bon, j'ai réussi à me mettre au carré avant 6:00.

drapo

Ce matin, je suis arrivé en service avec 5 malheureuses minutes d'avance... J'étais loin du compte... Sur les 35 patients que compte le service 31 avaient déjà été passés en revue... Bon sang, j'déteste arriver en avance et avoir le sentiment d'être en retard d'une bonne 1/2 heure. Enfin bref, la journée démarre.

Prise de sang ! Aujourd'hui c'est Paulette (on l'appellera comme ca...) qui m'encadre. Pas le droit au butterfly, ca coute cher, en tout cas plus cher que la douleur du pauvre patient qui me tend son bras potelé... Pauv'e Monsieur B. Pas une veine apparente. Toutes planquées sous une couche adipeuse, insaisissables, impalpables, en plus il dort encore Monsieur B qd je frappe à sa porte. En deux temps trois mouvement, il est débarrassé de son "bintz" anti apnées du sommeil, et se retrouve un garot en haut du bras droit, rabatu sur la manche du t shirt histoire de ne pas lui faire en plus une épilation gratuite, puis rapidement en haut du gauche ... sans plus de succès... Alors Paulette s'impatiente... Faut que je me décide, allez hop je retourne au bras droit et je tente la veine de l'anesthésiste... rien que le matériel me donne des frissons... tant pis qd faut y aller... je choisis l'aguille noire. J'adapte au vacutener, je pose le garot, je désinfecte à l'alcool (protocole en psy là où je suis), j'enfile mes gants et reprends son poignet en main. Bon sang, la salo## de veine a disparu sous l'gras ! Du coup, je dois tapoter, je suis bon pour désinfecter à nouveau et elle ressort. Je pique après l'avoir prévenu. Paulette me passe le tube en soufflant... impatiente... merde ! que dalle dans le tube ! Je bouge un peu l'aiguille, toujours rien, alors comme je ne suis pas dans un jour où je me sentirai prêt à faire de la boucherie, je dépique et passe la main. Paulette toute fière me dit presque : "et ben gamin, regarde ske c'est une professionnelle qui a 60 ans de piquage dans les mollets !". Le prend le garot, fait le tour du lit et se lance dans un show facon Gilbert Montagnier... les yeux fermés elle trifouille, elle tate, elle masse et me dit qu'elle la sent (la veine !!!). Je lui prépare le matos, d'un geste ample et sûr, elle se prépare à enfiler l'aiguille, ce qu'elle fait fort bien d'ailleurs, fort profond même, sauf que quand je lui passe le tube : QUE DALLE ! Alors elle s'agace, s'irrite, le patient blanchi, et Paulette, elle, elle verdit ! Elle fouille en profondeur, le patient manifeste sa douleur, rien à foutre, elle fouille profond... 30 bonnes secondes... et ressort l'aiguille en disant : "quand c'est comme ca, tu passes la main !", et voilà Paulette et moi, on ressort bredouille, les tubes vides, et les mains ensanglantées... (bon d'accord, l'image de mains ensanglantées, c'est pour les gens crédules...). On passe au suivant. Monsieur C. Le septagénaire azimuté que j'ai suivi à la trace de selles hier. Bras droit, rien. Bras gauche, rien. Monsieur C fait un brin d'humour à ses dépens en disant qu'il n'a plus de sang dans les veines. "Je passe la main" et Paulette repart... moins confiante dans un show... Pique, et passe... ca ne marche pas non plus ! Bref, on revient en salle de soin, bredouille et l'autre inf Marylin (on va l'appeler comme ca, rapport à regarde comme je suis belle passke j'ai les yeux bleus) part à l'assaut des pauvres patients réveillés une aiguille dans le bras pour rien. Heureusement, je ne suis pas obligé de la suivre. C'est finalement un anesthésiste qui viendra piquer Monsieur B et ses veines taquines.

20040317_hug_prise_de_sang un jour peut être que je ferai comme ca... 031202Mbo09hop09ls

Après quoi, je suis missionné pour la douche de Monsieur C. Pauvre homme, comme si il n'en n'avait pas déjà eu assez aujourd'hui... il refuse maintenant de marcher, il n'a plus la force... tu m'étonnes après ce qu'il vient de vivre... Qu'à cela ne tienne, il ne connait pas mes talents de torche cul... c'est parti, il est dans la chaise douche avant même d'avoir compris que je ne plaisantais pas en lui disant qu'il fallait passer à la douche pour enlever toute trace de l'épisode diarrhéique de la veille. Finalement, ca se passe plutot pas mal. Je le stimule, il ressort propre comme un sou neuf. Aussi vite que je l'avais sorti du lit, je le prends de court pour lui poser des bandes de contention sur les deux jambes, vu que ces chaussettes  du même nom, sont maculées de diarrhées. 15 mn pour trouver la bonne tension, pas effet garot, mais utile pour empecher la migration d'un thrombus potentiel vers les poumons. Paulette entre dans la chambre et ses premiers mots sont : "Ben faut envelopper le talon avec la bande !". Nan nan et nan ! J'ai validé mon module de vieux avec un bo 18.5/20 et je SAIS que les bandes ca se colle pas sur les talons sinon on ne voit pas l'escarre poindre. Toc, caquet rabattu, et retour dans sa caisse la Paulette qui du coup repart vite fait...

Après ca, j'aide une élève aide soignante de mon age (ben oui, finalement, on est pas si peu que ca a découvrir une vocation tardive...) quand une sonnette retentie. Je vole jusqu'à la chambre 365. Je frappe, j'entre : personne. Sauf que tout à coup, une voix me parle ! Ca vient de derrière une porte. On m'invite à entrer. Madame G. est sur les toilettes, et me demande de l'aider. Son ventre la fait souffrir. En fait, en écoutant ses explications, c'est pas vraiment son ventre qui la fait souffrir. Madame G. est psychotique. Plus tôt dans la matinée, elle avait une boule qui lui compressait la trachée, elle était toute speed dans le couloir pour m'expliquer ca, mais là, je suis devant elle assise sur les chiottes, et elle veut que je regarde ce qui se passe au niveau de son anus... Je suis dans l'exhorciste ?! Hein, ca y est, cette fois j'y suis ??? Bon, je prends mon courage à deux mains, je me penche en avant, la fait s'incliner et je reluque son c##. Aggrrrrrr ! Un prolapsus ! Un truc monstreux ! Tu m'étonnes qu'elle ait mal ! Je file chercher une inf, sauf que je tombe sur Paulette, toute enervée, en train de préparer les médicaments des permissions du we... en d'autres termes, Paulette n'en n'a rien à battre. Je prends des gants, de la vaseline, et j'y retourne. Je donne un gant à Madame G. et lui explique comment se soulager. Expliquer à une psychotique comment insérer de la vaseline pour lubrifier son anus et l'aider à faire sortir des selles... autant demander à un pigeon de réciter l'alphabet. Bref, je retourne en salle de soin et je prépare le matos pour l'extraction : abso, bassin, tablier, masque, casque intégral, rateau, fourche et coq pour mettre sur le tas à la fin de l'opération (comme sur un tas de fumier ! j'ai des références toutes campagnardes moi !). Enfin bref, 15 mn plus tard, j'étais Dieu pour Madame G., un sauveur pour Ginette (l'AS du jour), Christophe pour Paulette (qui du coup s'est souvenue de mon prénom) et tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, j'ai même eu le droit à une pause clope sur invitation de Ginette.

Après ca, j'ai eu une paix toute relative. 6 désinf avec l'élève AS, les repas servis, les cruches débarrassées, le médoc vérifiés et distribués, les plateaux ressortis des chambres, et il était l'heure de rentrer à ma maison.

Qui me disait y'a peu que les inf passaient leur temps à boire du café à l'office ??!

Un psychiatre est un monsieur qu'on paie très cher pour qu'il nous pose des questions qu'une femme, elle, nous pose gratuitement...
Paul Guth

Posté par Tof_infirmier à 17:09 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »