Tof_Infirmier_???

Journal d'un vieil infirmier débutant ou Comment les jours se suivent ...

29 juin 2007

Vendredi... ZAPPÉ...

Pas envie, ou un truc, du genre, je n'ai rien eu à écrire pour ce vendredi, mais vous ne couperez pas à la citation du jour :

Un seul hêtre vous manque... et tout est des peupliers...
Jean-Paul Grousset (Journaliste français)

Photo_2405

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28 juin 2007

Jeudi sssssssscusi ??!

ladiesonfly9ye

Jeudi matin, 6:05, les trans commencent. L'inf de nuit liste les patients et arrive à Mme G à la 65... :

- Madame G. a été très angoissée tout l'après midi mercredi et toute la nuit parce que... parce que... elle a eu une sensation d'attouchement sexuel lors de l'extraction d'un fécalome la semaine dernière...

Glupppppppps...

Ca m'a plombé ma journée. On est deux jours plus tard, je relativise seulement. D'une part, comment ne pas passer par le contact, le toucher pour extraire un fécalome ??? J'ai repris mes cours, j'ai pris un guide de soins infirmiers... un fécalome ca s'extrait : avec un doigt et pas de matériel possiblement agressif.

D'autre part, Madame G. souffre d'une psychose dissociative. Forcément son rapport au réél est déjà modifié, en plus, le rapport à son corps l'est également.... alors son rapport à l'autre...

Ben voilà mon jeudi.

Un élu, c'est un homme que le doigt de Dieu coince contre un mur.
Jean-Paul Sartre

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27 juin 2007

Mercredi de l'angoisse...

Oh que ce fut dur ce matin quand le réveil a sonné à 5:10... Je m'étais dit que 5 minutes de sommeil en moins ca coutait pas grand chose et qu'en même temps, ca m'avancait un tout petit peu... mais à 5:10 je ne disais plus la même chose. Je suis arrivé hirsute à la cafetière, et j'ai été obligé d'attendre que le café soit passé (c'est une expresso, ca va vite, j'en vois certains d'entre vous m'imaginer assis devant le porte filtre 10 mn durant... regardant les gouttes tomber... donc je précise, c'est pas comme ca que ca s'est passé... !). Une gorgée de café, une douche, une clope, avec mon café, puis une tartine et là seulement j'ai ouvert un oeil. Pffff ske c'était difficile ! Même l'annonce par Nicolas Stoufflé du démarrage des soldes dans 80 départements ne m'a pas mis de bon poil.

quick

6:06 j'entrais dans la salle de soin. Les transmissions étaient commencées, mais y z'avaient passé en revue uniquement deux patients... j'ai donc eu vite fait de raccrocher les wagons. 6:15 j'avais déjà mon chariot prêt pour les 2 prélèvements du jour. Madame T. (la fana des benzo) et Monsieur C. (dont les veines sont vides).

Je frappe à la 76... Madame T. répond rapidement. Elle m'accueille avec un "j'ai pas dormi de la nuit"... elle me confond avec l'infirmier de nuit, ouvre à peine l'oeil gauche... Je saisis son bras droit. Garrot, alcool (c'est le protocole en psy !!! dixit Marylin {regardez comme je suis belle j'ai deux yeux et ils sont bleus, et mon maquillage pétasse en bleu turquoise c'est pour vous éviter de plonger dans mon regard bleu WC Net}). Rien pas de veines !!! Une humanoïde ?! Probablement. Qu'à cela ne tienne, je lui demande quel bras est d'ordinaire piqué, et c'est bien le droit. Comme je suis seul, j'ai embarqué une aiguille noire ET un butterfly... je prends mon temps, je tapotte d'un doigt (Madame T. me fait remarquer que d'habitude on lui claque le bras pour faire sortir les veines... et je lui réponds que d'habitude, il n'est pas 6:15 quand elle fait sa prise de sang au labo...), je repasse de l'alcool, je masse, je tate, je repère et je me décide, elle est là ! Gants, préparation du matos, re garot, et butterfly en main je préviens : "Je pique !". Bingo ! Du premier coup, je suis dedans ! Je remplis mes 6 tubes Madame T. est presque rendormie quand je lui dit : je dépique... Pdt que les tubes se remplissent j'observe. Déjà Madame T. a de monstreuses traces d'oreiller sur la joue droite... pas dormi... j'ai un doute. Ensuite, pas le moindre tremblement. Je le lui fais remarquer et elle me dit que ca l'a aidé à dormir. Elle n'est pas aussi fatiguée que d'habitude. Tu m'étonnes, hier, elle tremblait comme en pleine hiver qd on est glacé et coincé dehors, avec en plus la peur au ventre (imaginez Balasco coincée en haut des pistes sous un malheur refuge, Michel Blanc prêt à ... juste avant un malheur verre de liqueur de crapeau). Son discours est fluide, pas du tout parasité par les tremblements de la machoire. Bref, un simple cacheton de la veille et elle est transformée. Elle dort sur le coté droit, y'a aucun doute sur le sujet... passke vraiment les traces d'oreiller sont profondes. Qd j'ai remballé mon matériel, elle me demande presque inquiète... je peux dormir combien de temps avant la prochaine visite...
- 30 mn ma bonne dame, et on vient avec le petit déj...
J'ai pas dormi de la nuit ! Mon oeil oui !!!

Je frappe ensuite à la 63. J'entre, il fait nuit noire. Pour un peu je repartirais. Ils dorment encore tous les deux. Monsieur C. est en première position. C'est son voisin, Monsieur L. qui parle le premier. Monsieur C. va mieux, ca se voit d'emblée. Déjà, il dort. Ensuite quand il se réveille, il ne rale pas. Je lui annonce l'objet de ma visite et il me tend son bras sans grogner. Pareil, j'ai embarqué aiguille noire et butterfly. Je prends mon temps, et miracle, la veine est là, belle... gorgée de sang. Keske je fais ? Aiguille ou butterfly ? Plouf plouf... butterfly, vu les boucheries des jours passés qd Paulette y est allée, je ne vais pas tenter de faire mieux en matière de bleu... d'autant qu'il est sous anti coagulant... Premier coup aussi mon tube est rempli. Miracle ? J'en sais rien, mais promis d'ici ce soir un cierge aura été allumé de ma main...

On sonne à la 65. Madame G. elle va vomir... Elle sue. Elle angoisse. Elle somatise. Elle a peine à bouger le bras droit. Il est engourdi par l'angoisse.

Ensuite, c'est parti pour l'habituel... petit déj, médoc (sauf chez Madame G. qui menace toujours de vomir),petit déj (débarassage). Changement de draps... et je suis stoppé net par Paulette (parlons en de Paulette, depuis l'Affaire du fécalome, elle est métamorphosée. Charmante, attentionnée, prévenante... soit, elle était de mauvais poil avant, soit j'ai gagné du galon à sortir des selles trop dures en douceur... D'ordinaire, je n'aime pas revenir sur mon opinion, mais en l'occurence, je serai de mauvaise foi si je ne disais pas qu'elle me parait nettement plus humaine depuis le début de semaine). Toilette de Monsieur C. Pincez moi. Quelques gouttes de tertian et c'est un autre homme. Il est souriant, coopére, se laisse faire quand je lui propose de lui laver le dos, me demande de l'aide pour les pieds. Surprenant. Un petit coup de zèle... ses ongles de pieds sont longs, genre griffe d'ours qui n'a pas chassé depuis plusieurs mois... je lui propose de les lui couper dès que j'aurais un coupe ongle... sauf que l'Ours en retraite est organisé... il a un coupe ongle et me demande si je peux faire maintenant. Amusant, il n'arrive pas à faire ce soin seul parce qu'il a du mal à se pencher, mais il a du pratiquer le "palming" (technique asiat de relaxation occulaire) parce qu'il voit dans le détail ce que je fais, me fait couper plus court, comme ci, et comme ca, il a l'oeil Monsieur C...

Bref, j'vous le dis, un autre homme. La toilette terminée, je réussis même sans difficulté à lui faire dire qu'il va mettre ses chaussettes de contention. Je file en salle de soin faire mes transmissions. Une aide soignante me fait un sketch parce que j'ai coupé des ongles de pieds... Ben quoi, il est pas diabétique et je ne suis pas un charlatant. Ma réponse pose le décors... d'un coté, j'ai certes pris le risque de couper sans avoir la certitude (je ne lui ai effectivement pas fait un test d'hémoglobine glyquée, mais bon...) mais j'ai été prudent dans le soin, d'un autre coté, je préfère lui permettre de conserver son autonomie plutot que de le voir coucher toute la journée parce que ses griffes rayent le lino de la chambre au travers des chaussures...

Atelier lecture : c'est parti. Une salle au 4ème étage. Forcément, je suis en retard... ca m'apprendra à couper les griffes d'un patient !

C'est Pétale et une jeune inf, fraiche et douce qui animent. Huit patients. Je suis là en observateur. Le but de l'atelier est d'amener les gens à parler. Au début ca me fait tout drole, le texte est issu d'un bouquin de cathéchisme, c'est pas possible autrement. Il est question de la peur. On ne peut pas dire que les paroles fusent... mais petit à petit, les gens échangent, c'est orchestré par l'inf jeune et douce d'une main ferme . Soudain Madame G. qui a laissé son vomi à la 65 se manifeste... Elle ne se sent pas bien. Forcément on parle de peur... elle a peur en permanence Madame G. Petale se lève et ouvre la fenêtre juste derrière Madame G. On est au 4ème étage, dans les chambres, les fenêtres sont oscillantes pour éviter les défenestrations, mais là juste dans le dos de Madame G. Pétale ouvre au large la fenetre. Madame G. n'arrête pas de bouger sur sa chaise. Nan je ne fais pas une fixette sur elle, elle est tout bêtement assise sur une chaise qui grince, on ne peut pas rater le moindre de ses mouvements. Madame G. demande à l'inf jeune et douce si elle peut quitter la séance.
- Non Madame G. ca perturberait le fonctionnement du groupe.
zing zing zing, schkrrrrrrrr, zing, zing, bang
Madame G. est debout. Elle s'adresse à Pétale cette fois. Je peux redescendre dans ma chambre...
- Nan c'est presque terminé
Tourne, vire, tourne se lève, Madame G. fait des efforts, mais c'est anxiogène à mort ce qu'elle entend. Elle n'en peut plus et se tourne vers moi : je peux retourner dans ma chambre... oscillation négative de tête. Pour mémoire je suis à l'extérieur du cercle, je suis là en observateur. Madame G. se lève et se dirige vers moi d'un pas décidé. Put### j'ai pas ma carapace ! Groupe de patient donc vêtements civils. Et si elle m'en collait une ?! Flash back. Je suis en long séjour qd un papy m'en a mis une parce que j'avais pris sa main et qu'un mec ca prend pas la main... Madame G. fait le tour de la pièce et se rassoie. Elle se tourne vers sa voisine, une autre patiente et lui reformule sa demande de quitter le groupe... On finit l'atelier, angoissé par l'attitude de Madame G. Je verbalise mes craintes : violence, défenestration, coups. L'inf jeune et douce me dit qu'elle est toute perturbée aussi. Seule Pétale tient la route. Ceinture noire de karaté Pétale. Elle était prête à intervenir... tu parles... soit elle en a vu tellement d'autre à 1 an de la retraite, soit elle ne dit plus qu'elle flippe.

Debreafing sur les cas lourds... :
Monsieur E., 23 ans, en pleine décompensation psychotique. Il est surveillé. Il a des preuves : la dernière en date... on lui a servi une danette au chocolat au dessert d'hier soir, or tout le monde le sait, il deteste le chocolat, par conséquent, c'est clair, on lui en veut.
Madame S. réduite à l'esclavage par un mari tout puissant. Elle est entrée en service pour une bête histoire d'yeux jaunes qui lui font craindre le regard des autres, au final, elle est morte de trouille, elle est soumise au dernier degre à un mari frappé
Madame R. ... trop compliqué pour moi...

On sert le déjeuner, on distribue les médocs et je descends fumer, j'ai pas posé mes fesses depuis 6:15, meme pas un café... Je fume vite, j'ai la tete qui tourne, la langue qui arrache... et je remonte débarrasser, il est 13:15, j'y vais.

Je rentre et je tombe au lit. Réveil à 15:30. Bon sang une vraie chochotte... je suis fatigué d'un rien...

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26 juin 2007

Mardi, j'suis décrepi !

Mardi après midi.

Bon sang ske c'est triste un service de psychiatrie sous le ciel gris et dans le froid d'un mois de juin. Cet après midi, l'ennui promis la semaine dernière est tombé.

Début de service à 12:00. Plateaux repas (du chariot à la chambre), médocs, plateaux repas dans le sens inverse (de la chambre au chariot) et coup de torchon sur la table, puis transmissions (heureusement, y'a eu deux entrées hier, ca a au moins donné lieu à un "brossage de tableau"), puis tour d'après midi. Rapide, on entre dans la chambre, on allume la "présence", on s'enquiert du moral du jour, on jete un oeil sur l'environnement, ah tiens la tasse de Madame Z. n'a pas été débarrassée, ou mais pourquoi Madame W. a t elle la tete en hyper extension sur l'oreiller... on remonte le dossier, on désactive la présence et hop on passe à la chambre suivante... et comme avec 35 présences...

15:00 nous partons Thierry et moi cherchez Madame T. Rendez vous avec le psychiatre du couloir. On arrive dans le bureau. Ils se connaissent. Madame T. était là l'an passé, un peu plus tard dans l'année, puisque c'était en aout. Le Dr lui demande pourquoi elle est là. Elle a besoin d'aide. 7 lexomil par jour, et 3 stilnox, et puis une floppée d'autres médocs. Le Dr s'inquiète... "comment vous procurez vous tous ces médicaments ??" => nomadisme médical. La dame est dyskinésique, asthénique ne réussit plus à faire le ménage chez elle, ni à faire à manger à son mari alcoolique, ni même à aller faire ses courses, mais elle réussit à consulter au cabinet plusieurs médecins pour obtenir ses ordonnances. Ce qu'elle veut ? Dormir ! 7 lexomil, 3 stinox et j'en passe et elle ne dort pas, elle tremble... Ses recepteurs ou médiateurs neuronaux sont saturés...

http://www.medisite.fr/medisite/Lexomil.html

Je rédige la macro cible, puis établis les cibles, il est presque 17:15 qd je sors du bureau.

Une clope, j'ai la bouche pleine d'herpès, mais j'arrive à fumer.

17:50 plateaux repas du chariot à la chambre, médocs, plateaux repas de la chambre au chariot, coup d'éponge sur les tables, je vire les tasses qui trainent, ramène les chariots à l'ascenceur et ... j'attends.

18:45 injection d'une HBPM à Monsieur C. je découvre en même temps qu'il aura droit à un nouveau prélèvement sanguin demain matin.

18:58 je dis bonsoir et je monte au vestiaire.

19:02, je franchis la porte de l'hopital.

Je suis mort, mais pas du boulot de l'après midi. Je suis tué par deux longues trainées de boutons sous la langue ! Somatisation ??? Sans doute ! Mais keske j'ai bien pu faire pour que ca sorte cette fois ?!

Je ne fais jamais d'exercice. Si Dieu avait voulu que l'Homme se touche les pieds, il les aurait mis plus haut sur le corps !
Gene Perret

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25 juin 2007

Lundi, c'est reparti...

Nouvelle semaine en service de psychiatrie réglée.

L'arrivée de la pleine lune ? Le froid ? La pluie sur les vélux ? L'angoisse de retrouver les "fous" ? Ou une sieste trop ... (comment une sieste peut-elle être trop ?!) longue dimanche après midi ? Toujours est-il que la nuit passée, je n'ai pas bcp dormi.

Ce matin, à 6:07, j'étais en service. Plus exactement j'ouvrais la porte de la salle de soins et miracle les transmissions commencaient tout pile. Ce matin, Paulette, Nadine (infirmière fraichement diplomée, enfin fraichement, y'a seulement quelques années (2 ou 3) qu'elle travaille en service, elle a encore toute l'humanité qui fait si cruellement défaut à certains soignants), et l'inf de nuit qui a priori faisait de la voltige depuis un autre service.

Rebelotte, prises de sang. Paulette m'accompagne. Nous entrons dans la chambre de Monsieur C. tjrs le meme que la semaine dernière, et je sais dores et déjà que je ne le piquerais pas. Je passe directement au voisin. Paulette est à mes côtés, c'est fou ce qu'un fécalome peut changer la vie... Paulette est douce et aidante. Elle me tends les tubes, me donne des conseils... Et résultat, le Monsieur est tout souriant, il n'a pas eu mal, et moi j'ai eu mes tubes. Paulette se prépare avec Monsieur C quand Nadine entre dans la chambre, elle m'a trouvé de belles veines ! Je saute sur l'occaz... et de deux ! Deux prélèvements sans buterfly... et réussis !

pictionnary

Petits déj, médocs, je bosse un peu sur les thérapeutiques en usage dans l'unité de soin, et ... et il est 10:30, j'anime un atelier de Ludothérapie. PICTIONNARY ! J'ai bien retenu la leçon, sans la blouse on est sans armure. Je reste à distance, tout en pratiquant la bienveillance infirmière. J'observe, je suis aidant, j'aide à l'idéation... et je reporte mes observations dans les dossiers de soins de chacun des patients... et il est déjà midi, chacun repart dans sa chambre, et moi, je retourne à ma paperasse.

La journée est finie à 13:15, je ne demande pas mon reste.

Demain, c'est aprés midi. Pas d'hospit à la  demande d'un tiers en vue... donc ca risque d'être long.

Un gentleman c'est quelqu'un qui sait jouer de la cornemuse et qui n'en joue pas...
Pierre Desproges

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22 juin 2007

Vendredi... semaine finie !

Vendredi... la journée a commencé tôt, très tôt... Ici, ce ne sont pas les plombiers qui sont arrivés de Pologne, mais les plaquistes ! Une mirade de plaquistes ! Je ne sais pas combien ils sont, mais ils sont nombreux... une petite dizaine pas plus loin que dans l'immeuble qui jouxte le nôtre. Merci M. Lang, la fête de la musique est un succès, même 20 ans plus tard. Il était 2:17 quand mon oreille peu musicale a été secouée par des chants polonais dans la rue... DES CHANTS POLONAIS A 2:17 DU MATIN QUI ME SORTENT DE MON SOMMEIL ! Ouh put### !!! Mon sang ne fait qu'un tour, je me précipite au vélux pret à gueuler qd je me suis souvenu qu'ils ne comprenaient pas un mot de francais ! En plus y z'étaient bourrés ! Bref à 3:10 j'étais tellement agacé que j'avais pas refermé l'oeil... et le réveil sonnait à 5:15, je vous laisse imaginer le bon état d'esprit dans lequel je me trouvais... mais bon à 5:15, j'ai réussi à sortir du lit sans problème... enfin, les 20 premières minutes... après, ca a été moins cool, une fois la douche terminée, le café bu... mais bon, j'ai réussi à me mettre au carré avant 6:00.

drapo

Ce matin, je suis arrivé en service avec 5 malheureuses minutes d'avance... J'étais loin du compte... Sur les 35 patients que compte le service 31 avaient déjà été passés en revue... Bon sang, j'déteste arriver en avance et avoir le sentiment d'être en retard d'une bonne 1/2 heure. Enfin bref, la journée démarre.

Prise de sang ! Aujourd'hui c'est Paulette (on l'appellera comme ca...) qui m'encadre. Pas le droit au butterfly, ca coute cher, en tout cas plus cher que la douleur du pauvre patient qui me tend son bras potelé... Pauv'e Monsieur B. Pas une veine apparente. Toutes planquées sous une couche adipeuse, insaisissables, impalpables, en plus il dort encore Monsieur B qd je frappe à sa porte. En deux temps trois mouvement, il est débarrassé de son "bintz" anti apnées du sommeil, et se retrouve un garot en haut du bras droit, rabatu sur la manche du t shirt histoire de ne pas lui faire en plus une épilation gratuite, puis rapidement en haut du gauche ... sans plus de succès... Alors Paulette s'impatiente... Faut que je me décide, allez hop je retourne au bras droit et je tente la veine de l'anesthésiste... rien que le matériel me donne des frissons... tant pis qd faut y aller... je choisis l'aguille noire. J'adapte au vacutener, je pose le garot, je désinfecte à l'alcool (protocole en psy là où je suis), j'enfile mes gants et reprends son poignet en main. Bon sang, la salo## de veine a disparu sous l'gras ! Du coup, je dois tapoter, je suis bon pour désinfecter à nouveau et elle ressort. Je pique après l'avoir prévenu. Paulette me passe le tube en soufflant... impatiente... merde ! que dalle dans le tube ! Je bouge un peu l'aiguille, toujours rien, alors comme je ne suis pas dans un jour où je me sentirai prêt à faire de la boucherie, je dépique et passe la main. Paulette toute fière me dit presque : "et ben gamin, regarde ske c'est une professionnelle qui a 60 ans de piquage dans les mollets !". Le prend le garot, fait le tour du lit et se lance dans un show facon Gilbert Montagnier... les yeux fermés elle trifouille, elle tate, elle masse et me dit qu'elle la sent (la veine !!!). Je lui prépare le matos, d'un geste ample et sûr, elle se prépare à enfiler l'aiguille, ce qu'elle fait fort bien d'ailleurs, fort profond même, sauf que quand je lui passe le tube : QUE DALLE ! Alors elle s'agace, s'irrite, le patient blanchi, et Paulette, elle, elle verdit ! Elle fouille en profondeur, le patient manifeste sa douleur, rien à foutre, elle fouille profond... 30 bonnes secondes... et ressort l'aiguille en disant : "quand c'est comme ca, tu passes la main !", et voilà Paulette et moi, on ressort bredouille, les tubes vides, et les mains ensanglantées... (bon d'accord, l'image de mains ensanglantées, c'est pour les gens crédules...). On passe au suivant. Monsieur C. Le septagénaire azimuté que j'ai suivi à la trace de selles hier. Bras droit, rien. Bras gauche, rien. Monsieur C fait un brin d'humour à ses dépens en disant qu'il n'a plus de sang dans les veines. "Je passe la main" et Paulette repart... moins confiante dans un show... Pique, et passe... ca ne marche pas non plus ! Bref, on revient en salle de soin, bredouille et l'autre inf Marylin (on va l'appeler comme ca, rapport à regarde comme je suis belle passke j'ai les yeux bleus) part à l'assaut des pauvres patients réveillés une aiguille dans le bras pour rien. Heureusement, je ne suis pas obligé de la suivre. C'est finalement un anesthésiste qui viendra piquer Monsieur B et ses veines taquines.

20040317_hug_prise_de_sang un jour peut être que je ferai comme ca... 031202Mbo09hop09ls

Après quoi, je suis missionné pour la douche de Monsieur C. Pauvre homme, comme si il n'en n'avait pas déjà eu assez aujourd'hui... il refuse maintenant de marcher, il n'a plus la force... tu m'étonnes après ce qu'il vient de vivre... Qu'à cela ne tienne, il ne connait pas mes talents de torche cul... c'est parti, il est dans la chaise douche avant même d'avoir compris que je ne plaisantais pas en lui disant qu'il fallait passer à la douche pour enlever toute trace de l'épisode diarrhéique de la veille. Finalement, ca se passe plutot pas mal. Je le stimule, il ressort propre comme un sou neuf. Aussi vite que je l'avais sorti du lit, je le prends de court pour lui poser des bandes de contention sur les deux jambes, vu que ces chaussettes  du même nom, sont maculées de diarrhées. 15 mn pour trouver la bonne tension, pas effet garot, mais utile pour empecher la migration d'un thrombus potentiel vers les poumons. Paulette entre dans la chambre et ses premiers mots sont : "Ben faut envelopper le talon avec la bande !". Nan nan et nan ! J'ai validé mon module de vieux avec un bo 18.5/20 et je SAIS que les bandes ca se colle pas sur les talons sinon on ne voit pas l'escarre poindre. Toc, caquet rabattu, et retour dans sa caisse la Paulette qui du coup repart vite fait...

Après ca, j'aide une élève aide soignante de mon age (ben oui, finalement, on est pas si peu que ca a découvrir une vocation tardive...) quand une sonnette retentie. Je vole jusqu'à la chambre 365. Je frappe, j'entre : personne. Sauf que tout à coup, une voix me parle ! Ca vient de derrière une porte. On m'invite à entrer. Madame G. est sur les toilettes, et me demande de l'aider. Son ventre la fait souffrir. En fait, en écoutant ses explications, c'est pas vraiment son ventre qui la fait souffrir. Madame G. est psychotique. Plus tôt dans la matinée, elle avait une boule qui lui compressait la trachée, elle était toute speed dans le couloir pour m'expliquer ca, mais là, je suis devant elle assise sur les chiottes, et elle veut que je regarde ce qui se passe au niveau de son anus... Je suis dans l'exhorciste ?! Hein, ca y est, cette fois j'y suis ??? Bon, je prends mon courage à deux mains, je me penche en avant, la fait s'incliner et je reluque son c##. Aggrrrrrr ! Un prolapsus ! Un truc monstreux ! Tu m'étonnes qu'elle ait mal ! Je file chercher une inf, sauf que je tombe sur Paulette, toute enervée, en train de préparer les médicaments des permissions du we... en d'autres termes, Paulette n'en n'a rien à battre. Je prends des gants, de la vaseline, et j'y retourne. Je donne un gant à Madame G. et lui explique comment se soulager. Expliquer à une psychotique comment insérer de la vaseline pour lubrifier son anus et l'aider à faire sortir des selles... autant demander à un pigeon de réciter l'alphabet. Bref, je retourne en salle de soin et je prépare le matos pour l'extraction : abso, bassin, tablier, masque, casque intégral, rateau, fourche et coq pour mettre sur le tas à la fin de l'opération (comme sur un tas de fumier ! j'ai des références toutes campagnardes moi !). Enfin bref, 15 mn plus tard, j'étais Dieu pour Madame G., un sauveur pour Ginette (l'AS du jour), Christophe pour Paulette (qui du coup s'est souvenue de mon prénom) et tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, j'ai même eu le droit à une pause clope sur invitation de Ginette.

Après ca, j'ai eu une paix toute relative. 6 désinf avec l'élève AS, les repas servis, les cruches débarrassées, le médoc vérifiés et distribués, les plateaux ressortis des chambres, et il était l'heure de rentrer à ma maison.

Qui me disait y'a peu que les inf passaient leur temps à boire du café à l'office ??!

Un psychiatre est un monsieur qu'on paie très cher pour qu'il nous pose des questions qu'une femme, elle, nous pose gratuitement...
Paul Guth

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21 juin 2007

Jeudi... d'après midi...

Alors aujourd'hui, on m'avait prédit un après midi ennui.

Ennui avait-on dit ?! Rien à faire l'après midi ?!

12:00 => je suis encore en avance de près de 10 mn !

12:10 => j'ai déjà distribué les 35 plateaux repas

12:25 => je finis le tour de distribution des médicaments avec l'infirmier du jour : Thierry

13:00 => les 35 plateaux repas sont débarrassés

13:15 => le tour d'après midi est terminé

13:25 => je suis avec Thierry a la cafétariat de l'hopital pour faire remonter sous un prétexte fallacieux Melle Z qui a frappé une infirmière qui avait laissé le gaz allumé dans sa chambre hier soir pour la faire mourir. A l'étage, le psy l'attend avec deux brancardiers, une camisole, un sédatif, et un arrêt d'hopitalisation à la demande d'un tiers (en la personne de l'hopital).

HDT2

13:40 => Melle Z est sur le brancard. Elle hurle. Elle va mourir par notre (Thierry et moi) faute. Elle le jure, elle va mourir. Elle fera tout ce qu'il faudra pour que ca arrive et on l'aura sur la conscience.

13:50 => la mère de Melle Z met la 2ème couche avec le psy. Cris à nouveau dans le couloir. On le lui paiera, tôt ou tard, mais on le lui paiera.

14:00 à 15:45 => 1er entretien psy de ma scolarité de super torche cul. Un Monsieur victime d'une forme très vicelarde de harcèlement moral.

15:50 à 17:30 => 2ème entretien psy de ma scolarité de torche cul. Un médecin suicidaire. Over dose de béta bloquant et benzo. 2 jours de réa et la voilà.

17:45 => pause clope (3 mn montre en main ! les repas attendent d'être distribués)

18:00 => les 35 repas sont distribués

18:15 => distrib des médocs et dernier tour

18:40 => les plateaux sont ramassés et les tables nettoyées

18:42 => ma formation de super torche cul me sert ! Monsieur C. qui n'a pas eu de selles depuis 15 jours nous a fait un épisode sévère de diarrhée... je ramasse sur 20 mètres de couloir... je lave ses chaussures, je nettoie le sol de la chambre, mets ses vetements dans un sac poubelle (ben oui, sa soeur ne viendra pas avant deux jours, et rien n'est prévu pour un nettoyage local...).

18:55 => 1ère HBPM injectée pour ce stage.

19:02 => je suis au vestiaire ! Mort !!!

Qui a dit après midi = ennui ?! Marjory ??? Je lui dirais deux mots demain !

La diarrhée verbale est souvent conjugée
à la constipation cérébrale...
L'auteur de cette belle citation a préféré conserver l'anonymat...

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20 juin 2007

Mercredi... j'ai appris...

Naturellement comme c'était hier, passke j'ai pris du retard, je ne sais plus exactement... mais en tout cas, j'ai pris mon service en avance et ca, ca mérite d'être souligné... moi qui ai pour devise de ne jamais prendre d'avance.

Premier prélèvement sanguin en individuel... Thérèse l'infirmière du matin (toute seule aujourd'hui) m'a missionné sans back up... j'ai piqué deux fois mais je suis revenu avec mes tubes ! Glupssssssss quelle fièreté ! En plus, j'ai rassuré une pauvre dame dont l'INR était à 60 la veille et était repassée à 3 après ma piqure de ... comment m'a t elle dit ??? nan j'd'conne elle n'a rien dit... même pas AIE et ca mes amis croyez moi, c'est bon signe... Pour les esprits chagrin, elle n'était pas tombée dans les pommes au cours du prélèvement !

Ensuite et c'est là que j'ai appris... je venais de finir ma dernière gorgée de café : sonnette ! J'entre dans la chambre, tout est noir, les volets sont encore descendus et une dame pleure, à gros sanglots. Elle pleure tellement qu'elle ne peut pas parler... Alors je tente des amorces, je lui passe meme un coup d'eau fraiche sur le front, et en desespoir de cause, je finis par faire ce que j'ai appris la semaine dernière ... soigner par le toucher : je lui prends la main. Malheur ! Thèrése entre dans la chambre avec le petit déjeuner 10 mn plus tard, et d'un geste autoritaire, sans un mot, m'enjoins de lacher cette main que je ne saurais tenir... Transfert et boule de gomme, la dame a quitté son mari la veille... Tu m'étonnes que c'était pas une bonne idée la main... Un mec qui prend la main d'une célibataire toute fraiche et en dépression profonde...

Les_mains     Nan, elles étaient pas là les miennes !!!!

Et puis le temps a filé, il était déjà l'heure de rentrée dans ma maison. Puis à la maison, ce fut ma fête... je suis désordonné, et là maintenant, ca pardonne plus... j'avais laissé trainer mes chaussures et mon sac à dos dans l'entrée... Bref, j suis allé courir, ca m'a remis...

Une vieille fille, c'est la veuve d'un célibataire.
Jacques Grello

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19 juin 2007

Mardi, c'est psychiatrie... mais ORL aussi...

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La saison 6 de The Shield me tient en haleine le soir (Vic, Shane, Claudette, Dutch et les autres s'en donnent à coeur joie), et puis après ca... faut penser à aller au dodo.

Etudiant infirmier, c'est pas un boulot de tout repos... Pas plus tard que ce matin par exemple, j'ai été violemment sorti du lit à 5:30 ! Pourquoi violemment ?! Ben déjà, j'étais tout seul à me lever, donc comme je ne suis pas tout à fait égoiste, je ne voulais pas laisser le réveil sonner, en plus, je commencais à 6:15, alors forcément, fallait pas non plus trop trainer, mais encore, je suis pas du genre rapide à l'allumage, donc 45 mn avant une prise de poste c'est un minimum etc etc.
Bref, ce qu'il faut retenir c'est que se lever à 5:30 qd c'est le réveil qui vous arrache du lit, ben moi j'dis c'est pas agréable... sauf le samedi matin qd on a bien pris le rythme de la semaine alors qu'on pourrait dormir et que sans le réveil on est propulsé hors du lit.

Journée sans encombre. La vie dans un gentil secteur de psychiatrie. Une modification des repères, sans pour autant perdre de vue qu'on est soignant ou futur soignant. Je m'essssssssssplique... ce matin j'ai commencé ma journée en service par un test de grossesse sur une dame de 47 ans... (j'vous jure... !) et puis après ca, j'ai distribué des petits déjeuners, et encore après comme j'avais bien le schéma du service dans la tête, j'ai filé un coup de main à la distribution des médicaments, et puis comme pour bien finir d'intégrer les repères spaciaux du service, j'ai fait dans certaines chambres une troisième entrée pour vérifier que les patients étaient biens, prendre la température du jour... Grand bien m'a pris de ne pas porter le petit déj à la 472... celui qui y est entré n'en n'est ressorti qu'1:45 après... le monsieur avait besoin de parler.

Puis ce fut mon tour d'être le patient. RDV en ORL pour une histoire de sinus qui me pourrit la vie depuis 3 ans. Résultat, j'ai eu le droit à mon petit coup de speed... déjà, une endoscopie du pif, narine gauche jusqu'au sinus maxilaire, puis par la narine droite une petite visite aux cordes vocales carrément... Beurk beurk beurk... j'ai l'oeil droit qui pleurait et le pif qui se manifestait... Bref, je serai patient du service le 30 août. Le coup de speed :  "je vais vérifier l'état de vos cordes vocales... Faites "ééé" ! Ah bel oedème ! Notez qu'à fumer un paquet par jour, ca n'a rien d'étonnant !..." Bref, là c'est l'inconscient qui a pris le relais... corde vocale, chez moi, ca dit déjà un truc genre : Papa. Papa, cancer, ablation, aphone, enrouement, insupportable... et voilà... bon du coup j'ai pas fumé avant la sortie du service, mais ce soir, je me dis que la clope c'est mon plaisir. Bon d'accord, l'image est pas toute nette, pas auréolée, mais...

Après ma visite chez l'ORL et mon coup de speed, je suis remonté en service. Ludothérapie : je co-animais l'atelier. Pour ca, retour au vestiaire, on anime ou co anime l'atelier en civil. Arrivé dans la pièce où les ateliers se déroulent, je réalise soudainement que je ne suis pas habillé en blanc. Je ne suis pas habillé en blanc et j'ai perdu mon armure. Les gens me touchent autrement. Les "patients" s'appellent par leur prénom, se tutoient, sont des êtres qui pourraient être mon frère, mon père, ma mère ou mes amis. Je ne balise pas, je me rends juste compte de la fragilité de la relation patient/soignant et du rôle bien spécifique de l'étoffe qui me prend la tête toute les semaines avec une machine à laver spéciale, de la javel et un fer très chaud. Simone est gazée par le traitement, mais y'a un truc vivant qui l'anime soudainement, alors qu'en tenue et dans sa chambre, c'est un quasi zombie. Stéphane, n'est plus M. I qui déprime, c'est le joueur qui explique la règle du taboo aux autres joueurs. Ces gens qui lors du tour du matin avaient du mal à mettre des mots sur leurs maux sont tout à coup transformés en gens à la fluidité verbale presque normale.

C'est ca aussi la vie en service, des petites claques qui rappellent qu'on travaille avec de l'Humain.

La logorhée est une maladie qui rend
le patient incapable de tenir sa langue
quand vous avez envie de parler...

Ambrose Bierce

Posté par Tof_infirmier à 18:56 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2007

Lundi c'est Psychiatrie

Voilà, on est lundi, et c'est psychiatrie...

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J'ai débarqué à 8:30 ce matin dans un service que j'ai trouvé énorme : 35 lits. Pas de cris, pas de gens qui déambulent, au contraire, une vie parallèle, des liens entre les patients, même situés dans des couloirs différents (le service en compte trois). Le  calme, la sérénité, une sorte de paix, de tranquilité flotte dans l'endroit.

L'équipe travaille quand j'entre dans la salle de soin, là aussi, pas de précipitation, pas d'histoire de toilettes à la chaine, on prend le temps, on parle, on se raconte, on échange sur les patients. Des banalités à première vue et pourtant, on parle de la vie des patients.

Vu de l'extérieur aujourd'hui, j'ai le sentiment que parfois les choses ne nous touchent pas de la même façon. Pour la première fois, je vois une patiente pleurer à l'idée d'évoquer au travers de mots la relation avec son ami. 32 kilos pour 1.70 m, MAIS, il lui dit la trouver grosse... à moins qu'elle ne l'entende lui dire qu'il la trouve grosse... vous saisissez la nuance ? Une autre est victime de harcélement moral de la part de son conjoint. Tout deux sont scientifiques, des bac +7 minimum. Voilà un cliché qui s'effondre : le harcelement moral, ca ne touche pas que les petites gens. Encore une autre qui au bout de 35 ans de mariage, réalise soudainement au départ des enfants qu'elle n'a pas su "dompter" son mari... Ou un gars, qui se prend un coup de couteau dans la cuisse qui le met KO, le burn out ne touche donc pas que les infirmières... Bref, je vis de nouvelles aventures qui n'ont pas finies de m'interroger sur mon rapport au monde.

Ah, j'allais oublier ce qui m'ebranle le plus aujourd'hui : je vais travailler trois nuits d'affilé à la fin de mon stage ! Quel égoiste...

Mon Dieu j'allais oublier : 1 100 turbo cadres pourraient s'installer à Reims / Capital n° 189 ! Bon sang ca doit fulminer à la mairie de Metz qui nous bourre le mou depuis 3 ans sur le profond remaniement du centre Messin avec l'arrivée du TGV Est et les Parisiens qui font la navette quotidienne... Mon Dieu pensons aux nombreux propriétaires qui ont mis à sac le centre messin et acheté aux prix quasi parisien le m² à Ploucland...

UN EGOISTE EST UN HOMME QUI NE PENSE PAS A MOI...
Eugène Labiche

Posté par Tof_infirmier à 22:12 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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